Publié le jeudi 17 janvier 2019
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Le 7 janvier, François-Antoine Mariani a rencontré, avec Julien Denormandie, les acteurs de la « cité éducative » en préfiguration dans le quartier prioritaire de l’Eslau, à Strasbourg (67). Ce label d’excellence, coordonné par le CGET, vise à renforcer le levier d’émancipation par l’école, souhaité par le président de la République dans sa feuille de route pour la politique de la ville. Point d’avancement et enjeux.

Le 7 janvier, François-Antoine Mariani a rencontré, avec Julien Denormandie, les acteurs de la « cité éducative » en préfiguration dans le quartier prioritaire de l’Eslau, à Strasbourg (67). Ce label d’excellence, coordonné par le CGET, vise à renforcer le levier d’émancipation par l’école, souhaité par le président de la République dans sa feuille de route pour la politique de la ville. Point d’avancement et enjeux.

Pouvez-vous nous dire où en est l’élaboration de ce programme national ?

À ce jour, ce programme est en voie de finalisation en lien avec l’Éducation nationale. Il s’agit d’un travail interministériel indispensable, sans lequel nous ne serions pas en capacité d’élaborer, de mettre en œuvre et, surtout, de faire vivre au quotidien ce dispositif. Dans cet esprit de collaboration renforcée entre les deux ministères, Julien Denormandie rencontrera prochainement, aux côtés de Jean-Michel Blanquer, les recteurs d’académie afin de le présenter.

Par ailleurs, pour assurer la réussite du programme, il conviendra d’emporter l’adhésion des principaux acteurs – les professeurs, l’ensemble de la communauté éducative, les parents d’élèves, les associations… – et d’animer cette communauté. Sur ce dernier point, l’éducation nationale aura aussi vocation à particulièrement s’impliquer aux côtés des communes, dont le rôle sera tout aussi indispensable. La collaboration et la coordination sont les clés de voûte des cités éducatives. Leur efficacité en dépendra fortement.

Quels sont les principes clés des cités éducatives et quand seront-elles opérationnelles ?

La création des cités éducatives part d’un constat : encadrer les enfants au plus tôt et faire marcher de concert les dispositifs d’accompagnement constituent les conditions indispensables à la réussite éducative. Le principe est donc de renforcer l’engagement de la communauté éducative – État, collectivités locales, parents, associations, périscolaire, travailleurs sociaux, écoles et collèges… – et de conduire une démarche coordonnée et collaborative permettant la mise en réseau de ces différents intervenants. L’objectif est de rassembler tous les acteurs éducatifs d’un territoire dans un projet global et partagé – de la maternelle au collège vers le centre de formation d’apprentis, le lycée ou l’enseignement supérieur – et dans tous les temps et lieux extrascolaires pouvant contribuer à la réussite éducative de chaque jeune.

L’État vient en soutien aux projets du terrain. Le fait d’être labellisé « cité éducative » va permettre aux porteurs de ce projet d’obtenir un accompagnement en ingénierie et en financement supplémentaire. Ce label va donc faire prochainement l’objet d’une sollicitation des acteurs locaux des plus grands quartiers prioritaires de la ville à mixité limitée pour retenir, au final, une soixantaine de sites manifestant une ambition forte (en mai 2019).

Chaque cité éducative sera pilotée, en ce qui concerne l’État, par un principal de collège, chef de file de la communauté professionnelle impliquée localement et de ses projets. Les premières cités seront en ordre de marche à la rentrée scolaire de septembre prochain.

Quel rôle joue le CGET ?

À l’initiative des ministres, le CGET a élaboré ce programme, qui est l’une des 40 mesures du plan de mobilisation en faveur des habitants des quartiers. Nous intervenons désormais sur la définition de sa mise en œuvre, et nous en assurons la coordination nationale et l’ingénierie. Vincent Léna est d’ailleurs missionné par les ministres chargés de la Ville et de l’Éducation nationale à cette fin (relire entretien du 08/11/2018 [1]).

Au niveau des territoires, les équipes de la direction de la Ville et de la Cohésion urbaine se rendront sur le terrain afin de s’assurer que le programme correspond aux besoins des acteurs éducatifs et de contribuer à renforcer la dynamique partenariale… Notre rôle va également consister à superviser la mise en œuvre des cités et à évaluer leurs résultats concrets.

Cette mesure est l’un des piliers de la mobilisation en faveur des habitants des quartiers, en termes d’éducation…

Le discours du président de la République à Tourcoing [2], en novembre 2017, a remis au centre de la politique de la ville les notions d’émancipation des habitants des quartiers prioritaires et d’égalité dans l’accès aux droits. Pour y parvenir, les questions d’éducation sont centrales : c’est l’une des premières batailles à mener.

Des réformes majeures sont déjà engagées, comme le dédoublement des classes de CP et CE1. Les cités éducatives continuent à creuser ce sillon afin de favoriser l’accès aux savoirs fondamentaux, le développement personnel, l’ambition scolaire, mais aussi le savoir-être, la transmission des valeurs, le vivre ensemble… L’émancipation individuelle repose sur deux axes très forts : l’éducation, dès le plus jeune âge, puis la formation et l’accès à l’emploi.

Désormais, notre énergie collective doit être tournée vers la mise en œuvre de cette mesure sur le terrain, comme de toutes celles qui sont inscrites dans le plan de mobilisation en faveur des habitants des quartiers. Ces derniers doivent pouvoir bénéficier le plus rapidement possible de leurs effets. C’est, par exemple, déjà le cas avec la mise en œuvre très rapide du portail monstagedetroisieme.fr [3] et l’accélération des projets de renouvellement urbain.

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