Emploi

6 types de territoires caractérisent l’accès à l’emploi des femmes


Publié le 13/03/2019

En France, fait persistant, les femmes connaissent un taux d’activité inférieur à celui des hommes. Mais qu’en est-il de l’accès à l’emploi des femmes à l’échelle des territoires ? Le CGET a croisé 13 indicateurs socio-économiques pour observer la situation dans les 1 259 intercommunalités de France (hors Mayotte). Des indicateurs à découvrir sur l'application interarctive Sofie. 

carte_acces_emploi_femmes_13032019.jpg

carte_acces_emploi_femmes_13032019.jpg, par flavictoire

 

Le contexte

Au niveau national, le taux d’activité des femmes de 15-64 ans progresse, mais il demeure toujours inférieur à celui des hommes : 67,6 % contre 75,5 % en 2015, indique l’Insee. Les femmes continuent, par ailleurs, d’avoir des conditions d’emplois moins avantageuses et moins rémunératrices que les hommes : des emplois plus précaires liés au développement de métiers peu qualifiés, mal rémunérés et des temps partiels subis, ce qui provoque une moindre indépendance financière.

Le constat

Chômage, contrat précaire, trajet domicile-travail, monoparentalité, mixité des offres d’emploi… : l’Observatoire des territoires du CGET a croisé 13 indicateurs pour déterminer les caractéristiques territoriales de l’accès à l’emploi des femmes. Résultat : six typologies de territoires ont émergé.

Un bon accès à l’emploi des femmes et un faible niveau d’inégalités femmes-hommes

  • 15 % des EPCI français (hors Mayotte) et 46 % de la population française ;
  • localisés principalement au cœur des plus grandes agglomérations ;
  • freins potentiels : familles monoparentales, familles nombreuses et longueur des trajets domicile-travail ;
  • impact : ces obstacles semblent peu peser sur l’accès à l'emploi des femmes.

 

 Un bon accès à l’emploi des femmes et de très faibles niveaux d’inactivité et de chômage

  • 19 % des EPCI français (hors Mayotte) et 10 % de la population française ;
  • localisés principalement à proximité de grandes agglomérations ;
  • freins potentiels : importance des familles nombreuses, moindre mixité de l’offre d’emploi et longueur des trajets domicile-travail ;
  • impact : si ces territoires connaissent une faible part de jeunes femmes non insérées, on y observe une part plus élevée de femmes à temps partiel qu’ailleurs.

 

Un accès à l’emploi des femmes moyen et un faible niveau d’inégalités femmes-hommes

  • 28 % des EPCI français (hors Mayotte) et 17 % de la population française ;
  • localisés principalement dans les territoires plutôt ruraux du centre et de l’ouest de la France métropolitaine ;
  • freins potentiels : ils sont moins marqués qu’ailleurs malgré une proportion plus importante de femmes faiblement diplômées et une moindre accessibilité aux écoles primaires ;
  • impact : l’accès à l’emploi, le taux d’inactivité et de chômage des femmes sont proches de la moyenne nationale. Dans ces territoires, ces femmes ne sont pas plus concernées par la précarité et le temps partiel : les inégalités femmes-hommes en termes d’accès à l'emploi y sont, au demeurant, moins marquées que dans l’ensemble du pays.

 

Un accès à l’emploi dégradé et de fortes inégalités femmes-hommes

  • 22 % des EPCI français (hors Mayotte) et 8 % de la population française ;
  • beaucoup sont situés dans le nord-est de l’Hexagone ;
  • freins potentiels : éloignement des établissements scolaires, non-mixité de l’offre d’emploi, faible niveau de formation des femmes et moindre mixité de l’offre de formation au lycée ;
  • impact : les inégalités observées avec les hommes se traduisent surtout par une proportion élevée de femmes à temps partiel.

 

Un accès à l’emploi dégradé associé à des freins d’ordre principalement familiaux et à de fortes inégalités femmes-hommes

  • 15 % des EPCI français (hors Mayotte) et 17 % de la population française ;
  • beaucoup sont situés le long du littoral méditerranéen ;
  • freins potentiels : plus forte représentation de familles monoparentales ou nombreuses et capacité d’accueil des jeunes enfants inférieures à la moyenne nationale ;
  • impact : la part de femmes inactives ou au chômage est importante et le taux de jeunes femmes non insérées, élevé. Les inégalités femmes-hommes en matière d’emploi y sont plus élevées qu’à l'échelle nationale.

 

 De très fortes difficultés d’accès à l’emploi pour les femmes, mais aussi pour les hommes

  • 1 % des EPCI français (hors Mayotte) et 3 % de la population française
  • la totalité des EPCI de ce type se trouvent dans les quatre Dom « historiques » (Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion) ;
  • freins potentiels : surreprésentation des familles monoparentales et nombreuses, moindres capacités d’accueil pour les jeunes enfants, des temps de trajet parfois très longs ;
  • impact : dans ces EPCI, les femmes ont un accès à l’emploi très dégradé par rapport à celui de leurs homologues métropolitaines, et les jeunes femmes sont nombreuses à ne pas être insérées. En outre, le chômage y est considérablement plus élevé, de même que l’inactivité et la précarité. Mais, cette situation n’est cependant pas exclusive aux femmes et on observe, en réalité, des inégalités femmes-hommes limitées en matière d’accès à l’emploi.

 

Application Sofie : des données sur l’accès à l’emploi à l’échelle des intercommunalités

Toujours dans un objectif d’aide aux politiques publiques, l’Observatoire des territoires du CGET met à disposition une application en ligne : Sofie (Système d’observation sur les femmes et d’information sur l’emploi). Cet outil interactif vise à aider à la réalisation de diagnostics territorialisés de l’accès à l’emploi des femmes. Situation familiale, niveau de diplôme, taux de chômage, conditions d’emploi…, conçu à partir de 13 indicateurs socio-économiques, il permet de dresser, au niveau des intercommunalités, un portrait de la situation des femmes face à l’emploi et des principaux freins à lever pour l’améliorer. Accéder à Sofie.