Agence nationale de la cohésion des territoires

Une ambition partagée

Caroline Cayeux et Yves Le Breton, à l'issue du premier conseil d'administration de l'Agence. Crédit: Anthony Voisin.


Publié le 23/01/2020

Le 12 décembre dernier, lors de l’installation du conseil d’administration, ses 33 membres ont élu Caroline Cayeux à la présidence de l’Agence nationale de la cohésion des territoires.

Maire de Beauvais (60) après avoir été adjointe dans une petite commune rurale et présidente de la communauté d’agglomération du Beauvaisis, Caroline Cayeux expose les ambitions de l’Agence.

« Je veux dire ma totale détermination à mener à bien, aux côtés d’Yves Le Breton [directeur général de l’Agence], l’engagement pris par le président de la République : celui de créer une agence d’aide et de conseil à destination des élus qui incarnent, au quotidien, leurs territoires.

Je mesure tout particulièrement l’ambition que doit incarner cette agence dont l’intitulé constitue notre feuille de route pour les prochaines années : la cohésion des territoires. (…) Avec l’Agence, nous devrons apporter aux élus les moyens de la réussite locale et les clés du développement de leurs projets (…) pour lutter contre les fractures territoriales si souvent dénoncées, en déployant des programmes de développement au service des territoires et de celles et ceux qui y vivent.

La cohésion des territoires passe d’abord par la cohésion des élus locaux. Je veux dire par là un travail partenarial, une confiance commune pour une ambition responsable au service de nos territoires. Je serai la voix de ces élus. Je serai à leur disposition, à leur écoute, pas seulement à Paris, mais aussi et surtout, là où les projets s’incarnent, se définissent et se mettent en œuvre : c’est-à-dire sur le terrain. »

 

Questions à Yves Le Breton

Directeur général de l'Agence nationale de la cohésion des territoires, Yves Le Breton détaille les modalités d'action de l'Agence et ses principaux chantiers de l'année.

L’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) vient de voir le jour au 1er janvier dernier. Concrètement, comment va-t-elle déployer son action pour aider les collectivités à développer leurs projets de territoires ?

L’Agence nationale de la cohésion des territoires se déploie dans les territoires autour de trois axes. Tout d’abord, son action se traduit par la déclinaison locale des programmes nationaux territorialisés (Action cœur de ville, France Services, plan Très Haut Débit…), impulsés par les structures dont elle prend la suite : le CGET, l’Agence du numérique et l’Epareca. Ce mode d’action correspond à la mise en œuvre territorialisée de politiques publiques transversales et identifiées, nationalement, comme prioritaires.

De plus, son action se développe sous la forme d’une offre plus diffuse, lui permettant une action réellement différenciée selon les enjeux spécifiques de nos territoires. Les besoins en Creuse ne sont pas les mêmes que dans les Côtes d’Armor ou dans le Lot-et-Garonne. Cette offre « cousue main », issue des remontées des délégués territoriaux que sont les préfets de département, sera une composante clé du succès de l’Agence.

Par ailleurs, dans le cadre des futurs contrats de cohésion territoriale, l’ANCT souhaite répondre à la demande des collectivités de simplification et d’optimisation de l’offre contractuelle. Il s’agit de rapprocher et de mieux articuler les dispositifs de l’État portés par l’Agence et ceux des Régions en faveur des territoires.

De même en ce qui concerne la fonction d’autorité de coordination de la politique de cohésion européenne, l’ANCT va poursuivre le travail de coordination interministérielle et d’accompagnement des autorités de gestion dans la préparation et le suivi stratégique des programmes 2021-2027, dans le pilotage du système d’information et dans l’expertise réglementaire qui accompagne sa mise en œuvre, en gérant le programme d’assistance technique nationale. En coopération étroite avec les Régions, elle amplifiera son travail de simplification et de formation des porteurs de projet dans les territoires.

Pour sa première année d’existence, quels vont être ses principaux chantiers ?

Au cours de sa première année, l’Agence nationale de la cohésion des territoires va d’abord déployer son réseau de délégués territoriaux par l’action des préfets et de leurs services. Ce réseau local sera le lien direct entre l’ANCT et les collectivités territoriales. Nous allons également parfaire les outils qu’elle mettra à disposition des porteurs de projets, parmi lesquels un recensement de l’ingénierie existante, des outils numériques mutualisés et une offre de formation. Il y a une vraie volonté de fédérer les acteurs des territoires en communautés dynamiques et propices au dialogue.

Enfin, l’année 2020 est une année charnière pour les politiques contractuelles de l’État avec la finalisation de l’écriture des contrats de plan État-Régions pour la période 2021-2026 et la renégociation d’une série de fonds structurels européens.

Ce calendrier fait endosser de manière très concrète à l’ANCT la responsabilité de l’utilisation toujours plus efficiente de ces différents mécanismes et de leur mise au service des besoins de nos territoires.

Deux nouveaux programmes vont bientôt enrichir l’offre de services de l’ANCT : « Petites villes de demain » et « Ruralités-Montagne » annoncé, le 10 janvier, par la ministre Jacqueline Gourault lors du Conseil national de la montagne, pour la mi-2020. Pouvez-vous nous les présenter ?

« Petites villes de demain » s’adressera à près d’un millier de villes de moins de 20 000 habitants exerçant des fonctions de centralité sur le territoire qui les environne. Le programme appuiera les villes retenues dans la définition et la mise en œuvre de leur projet de revitalisation, en proposant notamment un soutien fort en ingénierie de projets. Localement, des chefs de projets seront désignés au sein des collectivités pour animer la démarche, coordonner les ressources et réaliser le projet stratégique défini.

Notre action auprès de ces collectivités se fera selon la doctrine du cousu main, car nous souhaitons qu’elle réponde aux besoins, généraux ou spécifiques, exprimés par les collectivités. Je souhaite que ce programme puisse illustrer de façon opérationnelle et rapide les objectifs de l’Agence. L’animation de cette démarche nationale favorisera et organisera, notamment, la capitalisation des bonnes pratiques et le dialogue direct entre acteurs des territoires au travers, par exemple, d’outils numériques.

Pour ce qui est du programme Montagne, nous entrons dans la phase de préfiguration. Nous devons repenser les partenariats entre l’État et ces territoires, au regard de leurs enjeux spécifiques, pour leur permettre de s’appuyer sur leurs atouts, tout en dépassant leurs faiblesses. Ce programme devra prendre en compte les questions touristiques, les dynamiques transfrontalières et les mutations des activités agricoles qui sont au cœur des problématiques qui nous remontent de ces territoires.

Bien entendu, nous nous appuierons sur les acteurs de ces territoires, et je crois que l’implantation de l’ANCT au cœur même des zones de montagne, via les commissariats de massifs, sera un appui et un relais précieux. Ce nouveau programme sera en outre l’occasion de mieux organiser l’aide de nos opérateurs partenaires en direction des zones de montagne.

Ces deux programmes s’inscrivent ainsi pleinement dans l’agenda rural lancé par le Premier ministre. Ils participent au plan d’actions concret et ambitieux pour nos territoires.

Pour répondre à cette ambition d’aider les territoires, notamment les plus fragiles, à réussir leur développement, quels sont, à vos yeux, les principaux atouts de l’Agence ?

L’atout principal de l’Agence réside dans une action à la fois transversale et de coordination, qui lui permet de mieux objectiver les besoins de chacun, et d’agir là où son intervention aura le plus d’impact. C’est son positionnement à la croisée des politiques publiques et en lien constant avec les acteurs du territoire qui en fera, j’en suis sûr, un acteur majeur du développement de nos territoires dans une logique ascendante et partenariale avec les collectivités et au service de leurs besoins.