Action Cœur de Ville

Questions à Rollon Mouchel-Blaisot, directeur du programme national

© N. Kharbache/Communication CGET


Publié le 14/02/2019

Le CGET a réuni les référents nationaux et partenaires d’Action Cœur de Ville, le 5 février dernier, pour un séminaire de travail ouvert par Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales. Rollon Mouchel-Blaisot, directeur du programme, fait le point sur son avancement, ses évolutions et les priorités pour cette année.

Le programme Action Cœur de Ville, qui concerne 222 villes moyennes, a été lancé il y a quasiment un an. Où en est-il aujourd’hui ?

Le déploiement s’est fait en un temps record ! Toutes les villes, avec leurs intercommunalités, ont signé leur convention-cadre (voir le dossier complet sur Action Coeur de Ville). C’est le fruit d’une intense mobilisation locale et nationale. Résultat : dès 2018, plus de 1 600 actions qui étaient prêtes ont pu être engagées. Ces projets mobilisent 280 millions d’euros.

Plus importante encore, la question de la revitalisation des centres-villes s’est imposée dans la réflexion de tous les acteurs, publics comme privés, qui partagent le constat que le modèle de développement urbain de ces dernières décennies – éloignant de plus en plus les habitants des emplois et des services – était économiquement, socialement et écologiquement insoutenable.

Quelles sont les priorités du programme, en 2019 ?

Tout d’abord, les villes ont dix-huit mois, après la signature de leur convention-cadre, pour terminer leurs études et finaliser leurs projets. Certaines iront vite, d’autres profiteront à plein de ce délai pour mûrir leur réflexion. Le programme est particulièrement pragmatique et un accompagnement massif en ingénierie a été mis en place. Bien entendu, de très nombreuses actions déjà matures pourront être engagées d’autant que les attentes locales sont très fortes.

Le « Guide méthodologique » du programme vient d’ailleurs d’être actualisé pour tenir compte de toutes les évolutions et adaptations enregistrées depuis avril 2018. Par ailleurs, les ministres Jacqueline Gourault et Sébastien Lecornu ont souhaité enrichir le programme dans différents domaines comme le commerce, la culture et le patrimoine, l’enseignement supérieur, etc. Ces évolutions s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie globale de soutien aux villes moyennes et de consolidation de leurs fonctions de centralité.

Nous souhaitons également aider ces villes à mener des opérations d’urbanisme innovantes grâce à l’appel à projets « Réinventons nos cœurs de ville ». La liste des villes sélectionnées sera dévoilée le 19 mars prochain par les ministres à l’occasion d’une rencontre nationale à la Cité de l’architecture et du patrimoine avec les élus des 222 villes d’Action Cœur de Ville, des experts et les représentants des milieux professionnels concernés.

De quel nouvel outil bénéficie le programme pour concrétiser les projets des villes ?

La loi Élan a créé un nouveau dispositif : l’opération de revitalisation des territoires (ORT). Il s’agit de favoriser l’émergence d’un projet global et cohérent de territoire par l’intercommunalité et sa ville principale, tournée prioritairement vers la revitalisation du centre-ville de l’agglomération (lire notre article sur la circulaire).

Les villes Action Cœur de Ville seront les premières à bénéficier de ce dispositif puissant, sachant que celui-ci est ouvert à tous les territoires qui souhaiteront s’engager dans cette démarche. Il faut, en effet, mobiliser et rassembler autour de cet enjeu sociétal majeur, la revitalisation et l’attractivité des territoires, au profit de tous nos concitoyens.