Lutte contre les discriminations

Les emplois francs gagnent du terrain

Ivette Palacios, dessinatrice industrielle recrutée en emploi franc chez DaO à Angers (49)

© Noémi Thepot / Synople


Publié le 21/03/2019

Lancé en avril 2018, le dispositif des emplois francs s’étend désormais à 740 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), situés dans l’Hexagone et outre-mer. L’enjeu ? Soutenir les dynamiques locales sur des bassins d’emploi plus larges et  répartir le déploiement de ce dispositif sur l’ensemble du territoire national, à travers 13 régions et départements métropolitains et ultramarins. Précisions et témoignages en vidéo.

L’extension de l’expérimentation a été annoncée par Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Annick Girardin, ministre des Outre-mer, le 21 mars, à Cachan (94). « Notre objectif est de lutter contre l’assignation à résidence en favorisant l’accès à l’emploi de tous les habitants, quels que soient leur âge et leur niveau de qualification. C’est une des priorités de notre feuille de route de mobilisation pour les habitants des quartiers », a souligné Julien Denormandie. « Les quartiers recèlent de talents et d’énergies : une chance et une richesse pour les entreprises de notre pays, a estimé Muriel Pénicaud. Nous sommes déterminés à lutter contre les discriminations liées au lieu où l’on vit. »

En chiffres

  • 5 699 demandes d’aide déposées au 10 mars 2019 et 4 544 acceptées, au terme de la 1re phase de l’expérimentation lancée le 1er avril 2018 ;
  • 82 % des contrats signés en CDI ;
  • 87 % des recruteurs sont des entreprises (toutes tailles et tous secteurs) et 13 % des associations ;
  • 50 % des recrutés en emploi franc travaillent en dehors du quartier où ils vivent.
     

Témoignages d’entreprises et de recrutées, à Roubaix (59) et Angers (49)

Les nouveaux territoires de l’expérimentation

Initiée il y a un an sur sept territoires, l’expérimentation des emplois francs s’étend à tous les départements concernés, à l’ensemble de deux régions et aux cinq départements d’Outre-mer. Elle concerne désormais les demandeurs d’emploi de 13 territoires et 740 quartiers prioritaires, soit près de la moitié des QPV :

  • région Hauts-de-France ;
  • région Île-de-France ;
  • département des Ardennes ;
  • département des Bouches-du-Rhône ;
  • département de la Haute-Garonne ;
  • département du Maine-et-Loire ;
  • département du Vaucluse ;
  • département de la Guadeloupe ;
  • département de la Guyane ;
  • département de la Martinique ;
  • département de Mayotte ;
  • département de La Réunion ;
  • collectivité d'outre-mer de Saint-Martin.

Consulter l’arrêté du 22 mars 2019

Ainsi, plus de la moitié des demandeurs d'emploi résidant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville sont éligibles au dispositif : c’est deux fois plus que lors du lancement de l’expérimentation sur sept territoires, le 1er avril 2018. « Près de 25 % de la population des départements et régions d’outre-mer vivent dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (NDLR : 97 quartiers prioritaires, au total), a précisé Annick Girardin. Le dispositif des emplois francs prend, ici, tout son sens dans notre combat pour l’emploi dans les territoires. »

À savoir
Initié pour réduire le chômage massif qui sévit dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville – où le taux de chômage est 2,7 fois supérieur à la moyenne nationale – et lutter contre les discriminations à l’embauche, le dispositif des emplois francs incite les entreprises, où qu'elles se situent, à recruter les compétences dont elles ont besoin parmi les demandeurs d’emploi de ces quartiers. À la clé pour l’employeur : une aide de 15 000 euros sur trois ans pour un CDI et de 5 000 euros sur deux ans pour un CDD de six mois, au moins.
Pour toutes les informations pratiques, consulter notre dossier.

 

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