Permanence ministérielle de proximité

Le CGET accompagne Jacqueline Gourault à Hondschoote, dans le Nord

Photo : © Département du Nord


Publié le 09/07/2019

C’est à Hondschoote, petite ville du Nord de 4 000 habitants, que Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, a tenu sa première permanence de proximité. Un objectif : écouter et faire remonter les préoccupations des territoires. Pendant tout l’après-midi, accueillie dans la Maison de services au public, une trentaine de citoyens, élus et acteurs locaux ont pu exposer leurs préoccupations et s’informer auprès de la ministre et des directeurs des administrations qui l’accompagnaient, dont le CGET.

Sophie Duval-Huwart, directrice du Développement des capacités des territoires, et François-Antoine Mariani, directeur de la Ville et de la Cohésion urbaine, nous exposent l’intérêt de cette démarche souhaitée par le Premier ministre.

Vous avez accompagné la ministre lors de cette première permanence. Quel public y avez-vous rencontré ? De quelles problématiques, pour leur territoire ou leur quotidien, vous a-t-il fait part ?

Sophie Duval-Huwart : J’ai rencontré six personnes, en vis-à-vis, des habitants, venus parfois de loin, et un élu local. Il souhaite ouvrir une Maison de services au public dans sa localité, et il s’interrogeait sur la réforme de ces lieux de proximité avec France Service, que le CGET élabore actuellement. Une dame s’est enquise de la pérennité de la maison d’Hondschoote. Elle y fait de nombreuses démarches administratives pour elle et ses beaux-parents, et s’inquiétait d’une éventuelle fermeture. Ce n’est pas le cas ! J’ai pu la rassurer sur ce point.
L’un des visiteurs m’a présenté son projet de formation gratuite aux usages du numérique et la possibilité de la développer dans les futures maisons France Service de son territoire. L’inclusion numérique est un sujet sur lequel travaille le CGET. Cette problématique sera particulièrement prise en compte par l’Agence nationale de la cohésion des territoires, qui va intégrer cette mission de l’Agence du numérique.

François-Antoine Mariani : J’ai rencontré des habitants du village et des alentours, majoritairement des retraités, mais j’ai également discuté avec un jeune. Il avait besoin de conseils sur son avenir professionnel : je lui ai présenté plusieurs associations et structures qui accompagnent les jeunes dans leur orientation.
Les autres personnes sont venues exposer leurs problèmes du quotidien, principalement d’un projet d’extension d’une Zone d’activité commerciale (Zac), auquel ils sont opposés. Deux des habitants sont également représentants d’une association qui lutte contre ce projet, afin de protéger l’environnement et le commerce local. J’ai pu leur présenter les voies de recours, et nous allons organiser une rencontre avec le sous-préfet.

S. D.-H. : Effectivement, plusieurs citoyens s’inquiètent du projet de Zac, qui pourrait faire concurrence au commerce du centre-ville. C’est un problème qui survient souvent quand il n’y a pas de concertation entre les collectivités proches. Je leur ai expliqué l’utilité de l’opération de revitalisation des territoires (ORT), qui peut résoudre ce type de rivalités en favorisant l’émergence d’un projet global et cohérent au niveau de toute une intercommunalité.

Pour le CGET, quel est l’intérêt de ces contacts directs avec les acteurs locaux et les habitants ?

S. D.-H. : Le CGET n’est pas une administration déconnectée du terrain, cantonnée à la production de document réglementaire. Ces échanges font partie de nos missions et nourrissent nos actions : nous rencontrons beaucoup de citoyens, d’élus, d’entrepreneurs, d’associations…
À Hondschoote, la ministre et nous, les directeurs d’administration* qui l’accompagnions, nous avons rencontré une trentaine de personnes. Ces contacts directs et informels nous permettent de vérifier si les dispositifs publics sont connus et compris des citoyens, et donc de les faire évoluer le cas échéant.

F.-A. M. : Nous allons régulièrement sur le terrain, mais dans un cadre différent. D’habitude, nous sommes en présence des élus locaux ou des représentants de la préfecture, donc il y a un filtre institutionnel qui limite la parole des habitants. Lors de cette permanence, nous étions directement en face-à-face avec les citoyens. Ils se sont exprimés librement sur les sujets qui les touchent personnellement.
C’est aussi très intéressant pour nous de voir la différence entre les discours, les politiques publiques nationales et la manière donc les choses se concrétisent sur le terrain, et de constater comment nos actions touchent véritablement les citoyens.

Que retenez-vous de ces échanges ?

S. D.-H. : Ce qui m’a frappée, c’est que les réponses ou les solutions concrètes aux questions soulevées par les visiteurs ne dépendent souvent pas de l’État ! Plus de 50 % d’entre elles relevaient des compétences des collectivités, communes, départements ou régions. Mais, le rôle de chacun n’est pas clair pour les citoyens. Par exemple, l’un des visiteurs voulait connaître les aides financières pour développer des chemins de randonnée. Or, la compétence du tourisme relève de la Région, pas de l’État. Mais, j’ai pu le renseigner sur la procédure à suivre pour son projet.
Cela nous démontre la nécessité d’arriver à proposer un vrai guichet unique pour toutes les démarches des citoyens, pour éviter l’errance administrative et leur permettre d’avoir toutes les clés nécessaires, qu’elles dépendent de l’État, des collectivités locales ou territoriales. C’est tout l’enjeu de France Service.

F.-A. M. : Les gens ont du mal à se repérer entre les collectivités locales, l’État déconcentré, les administrations nationales… On s’aperçoit qu’il y a un énorme travail à faire pour rendre visible et lisible notre action, pour que les usagers comprennent qui l’on est et ce que l’on fait. Nous ne pouvons pas opposer notre complexité administrative aux citoyens ! Il faut changer de posture : mieux communiquer, adopter un autre langage et, surtout, simplifier.

* Direction générale des collectivités locales ; Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature ; Direction générale de la cohésion sociale et, pour le CGET, direction de la Ville et de la Cohésion urbaine et direction du Développement des capacités des territoires.

À savoir
Après le Grand Débat national, le Premier ministre a souhaité que les ministres, épaulés par leurs administrations centrales, effectuent des permanences dans les territoires pour aller à la rencontre des citoyens et être plus présents sur le terrain. La ministre Jacqueline Gourault a donc décidé de tenir une permanence de proximité tous les mois et demi, en compagnie de représentants du CGET notamment. Voir la vidéo du déplacement à Hondschoote.