Concours «S’engager pour les quartiers»

Farid Rahmani du centre socio-culturel de Neuhof, lauréat du «Prix de l’insertion professionnelle»

Farid Rahmani, au dernier rang, au centre de la photo, « ému » à la cérémonie de remise des prix, entouré de l’équipe éducative du Dacip et de jeunes accompagnés par le dispositif. © R. Deluze


Publié le 20/12/2018

Remobiliser les jeunes sortis du système scolaire et sans emploi dans des quartiers prioritaires de Strasbourg : c’est le quotidien de Farid Rahmani, coordinateur du projet Dacip (Dispositif d’accompagnement collectif et individuel de proximité) au centre socio-culturel du Neuhof. Un projet qui a reçu le « Prix de l’insertion professionnelle », parrainé par le CGET, dans le cadre du concours « S’engager pour les quartiers », le 13 décembre dernier, à l’Assemblée nationale.

Comment est né le projet Dacip ?

En 2012, je faisais de l’animation de rue en pied d’immeubles, et j’ai pu voir tous ces jeunes qui avaient arrêté leur scolarité et ne faisaient rien de leur journée. Avec un éducateur spécialisé de l’association OPI-ARSEA, on a lancé le projet Dacip pour proposer une solution de réinsertion sociale et professionnelle à ces jeunes en marge de la société.

Comment le projet s’est développé dans le quartier du Neuhof ?

La première année, nous avons accompagné dix jeunes et avons obtenu sept sorties positives (emploi, formation qualifiante ou retour à l’école). Un premier soutien financier de l’État nous a permis de nous développer. L’année suivante, on s’est déployé dans un second quartier prioritaire de Strasbourg, en partenariat avec le centre socio-culturel Camille-Claus.

Nous travaillons avec la mission locale, Pôle emploi et plusieurs entreprises. Depuis 2012, nous avons beaucoup progressé : 70 jeunes accompagnés, en 2017, avec 60 % de sorties positives.

Farid Rahmani, coordinateur du projet Dacip

 

Comment aller vers ces jeunes isolés, qui ne fréquentent pas les services publics de l’emploi ?

Le plus gros de notre travail, c’est de mobiliser les jeunes mais aussi de les faire rester. L’équipe éducative du Dacip compte quatre salariés pour deux territoires. Elle se rend au domicile des parents, va en pied d’immeubles ou dans les bars, à la rencontre des jeunes. L’enjeu, c’est de ne pas les lâcher : ils se démobilisent vite et ont une faible estime d’eux-mêmes.

Que leur apporte le projet Dacip ?

Notre objectif, c’est de permettre aux jeunes de se responsabiliser et de devenir autonome. À travers plusieurs parcours – accompagnement individuel, collectif pour les 16-18 ans ou spécialisé dans un domaine professionnel pour les plus de 18 ans –, le dispositif leur fait découvrir des métiers, les aide à prendre conscience de leurs compétences et à construire un projet professionnel.

À savoir
Le concours « S’engager pour les quartiers » a été lancé, en 2011, par la fondation FACE et l’Anru. Il récompense les acteurs qui font bouger les quartiers en impulsant innovation, développement économique et cohésion sociale. Retrouvez les sept lauréats de l’édition 2018.