Plan Seine-Saint-Denis

Dix ans pour transformer le département

© Arnaud Bouissou - TERRA


Publié le 31/10/2019

Le 31 octobre dernier, Édouard Philippe, Premier ministre, a présenté le plan « L’État plus fort en Seine-Saint-Denis », lors de son déplacement à Bobigny (93). Attractivité des postes pour les agents publics, sécurité, éducation, santé et justice, le plan se décline en 23 mesures spécifiques pour renforcer l’intervention de l’État dans ses missions régaliennes et « accompagner une transformation du département dans les dix ans ».

« Pour son histoire, le dynamisme de sa population, sa diversité, ses transformations urbaines, son potentiel et ses difficultés, la Seine-Saint-Denis est hors normes », a relevé Édouard Philippe, en visite à Bobigny avec les ministres chargés de la Ville et du Logement, de l’Éducation nationale, de l’Intérieur, de la Justice, de la Santé.

En effet, la Seine-Saint-Denis est souvent présentée comme le département le plus jeune de France – 43 % de la population a moins de 30 ans* –, l’un des plus dynamiques en termes de transformation urbaine ou de développement des entreprises et salué pour la vitalité de son tissu associatif ou sa créativité culturelle. Territoire d’accueil des Jeux olympiques 2024, la Seine-Saint-Denis bénéficie d’un coup d’accélérateur pour améliorer son réseau de transport dans le cadre du Grand Paris Express.

Sur ce territoire, l’État a déjà mis en place des actions et des dispositifs pour améliorer les conditions de vie des habitants, comme le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les Réseaux d’éducation prioritaire ou l’expérimentation des emplois francs.

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chiffres_cles_93.png, par nkharbache

 

Des difficultés qui perdurent

Mais le département connaît des difficultés socio-économiques qui perdurent : taux de chômage quatre fois supérieur à la moyenne nationale, vétusté fréquente des logements, nombre de médecins de 30 % inférieur à la moyenne nationale, mortalité infantile et retards scolaires plus forts qu’ailleurs, économie souterraine liée aux trafics et taux de criminalité élevé.

L’enjeu, c’est de casser un certain nombre de spirales, non de les entretenir en stigmatisant un territoire. Mais notre responsabilité, c’est aussi de les regarder bien en face pour y apporter des solutions qui doivent, elles aussi, être un peu hors normes.
Édouard Philippe, Premier ministre

Voir la vidéo du discours du Premier ministre.

 

Un « plan spécifique et massif » en 23 mesures

Or, ce département, le plus peuplé d’Île-de-France, manque d’effectifs de fonctionnaires. L’État lance donc un « plan spécifique et massif » d’actions et va investir significativement dans le département ces dix prochaines années, a annoncé Édouard Philippe, à travers 23 mesures concrètes.

Articulées autour de cinq axes – la fonction publique, la sécurité, la justice, l’éducation et la santé –, ces mesures incitatives et volontaristes visent à renforcer les services publics et à améliorer le service rendu à la population, dans les écoles, les centres hospitaliers, les commissariats, les tribunaux ou encore la lutte contre l’habitat indigne…Parmi les mesures annoncées, notamment :

  • une prime de fidélisation de 10 000 euros, après cinq années de service dans le département, pour y attirer et fidéliser les agents des services publics de l’État ;
  • le renforcement de la police judiciaire, avec 100 officiers de police supplémentaires sur deux ans ;
  • la création de 35 postes de greffiers et de 12 postes de magistrats ;
  • la modernisation des urgences hospitalières et la création d’un groupement hospitalier et de santé…

Consulter les 23 mesures spécifiques dans le dossier de presse.

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mesures_phares_93.png, par DR CGET

Repères
Dans ce département francilien composé de 40 communes et 1,5 million d’habitants*, 600 000 Séquano-dyonisiens résident dans l’un des 63 quartiers prioritaires de la politique de la ville du territoire. 32 % des ménages habitent un logement social.
Le taux de scolarisation des 15-17 ans est de 95 % (97 % en Île-de-France) et de 52 % pour les 18-24 ans (59 % en Île-de-France). Et, si le pôle universitaire du département accueille près de 56 000 étudiants, 42 % des 15 ans ou plus quittent le système scolaire sans diplôme qualifiant, contre 29 % dans la région francilienne.
Autrefois terre d’industrie, la Seine-Saint-Denis compte désormais 84 % de ses emplois dans le secteur tertiaire (commerce, transport, santé, administration publique, action sociale…)

À savoir

Les mesures du plan « L’État plus fort en Seine-Saint-Denis » ont été élaborées à partir des travaux du comité d’évaluation et de contrôle de l’Assemblée nationale pour évaluer l’action de l’État en Seine-Saint-Denis. Présentés dans le rapport des députés François Cornut-Gentille et Rodrigue Kokouendo, en 2018, ils s’articulaient autour des principaux enjeux identifiés (santé, justice, sécurité, éducation et attractivité des postes pour les agents publics). Par ailleurs, le rapport du préfet de Seine-Saint-Denis sur les cinq groupes de travail thématiques, conduits avec des élus et des acteurs locaux, a également nourri ce plan.

* Sources : chiffres issus du SIG Ville et du Conseil départemental.

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