Villes moyennes

Action Cœur de Ville, moteur de la relance


Publié le 15/05/2020

 

Deux ans après son lancement, Action Cœur de Ville apparaît plus que jamais comme un levier de l’activité économique dans les villes moyennes et un enjeu majeur pour la relance. Déjà, près de 1,2 milliard d’euros a été engagé dans les projets des 222 villes bénéficiaires et plus de 35 000 logements construits ou réhabilités. Toutes les nouvelles perspectives ont été abordées lors du comité interministériel et partenarial du programme qu’a présidé, le 14 mai dernier, Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, avec la participation de nombreux ministres et partenaires, ainsi que de Caroline Cayeux, Yves Le Breton et Rollon Mouchel-Blaisot pour l’ANCT, qui coordonne le programme.

« Le dispositif Action Cœur de Ville est une vitrine pour l’ANCT et démontre une vraie agilité d’intervention. Je pense qu’à travers des actions matures facilement mises en œuvre, nous avons là les clés de la relance. Une relance au plus près des territoires qui, par le cousu-main proposé par l’Agence, s’adapte pleinement aux enjeux de développement, sans plaquer de solutions toutes faites », a souligné Caroline Cayeux, présidente de l’Agence nationale de la cohésion des territoires.

Entourée notamment de Caroline Cayeux, présidente de l’ANCT et de Villes de France, d’Yves Le Breton, directeur général de l’Agence et de Rollon Mouchel-Blaisot, directeur du programme national Action Cœur de Ville, la ministre Jacqueline Gourault a présidé le comité exécutif auquel participaient de nombreux ministres, les partenaires financeurs et les opérateurs (lire encadré). Deux ans après son lancement et un déploiement exceptionnellement rapide, Action Cœur de Ville prend désormais une autre dimension afin de relever les lourds défis d’une relance durable.

Une trajectoire dynamique
- 1 195 milliard d’euros déjà engagé dans les projets des 222 villes Action du programme Cœur de Ville, qui entre dans la phase opérationnelle ;
- 144 villes ont signé une ORT qui apporte des moyens supplémentaires (au 16 mars 2020) ;
- 5 606 logements réhabilités ou construits ;
- 29 603 logements subventionnés ;
- 10,39 % d’augmentation du nombre de transactions immobilières, entre 2018 et 2019, signe d’une attractivité résidentielle

En effet, la crise du Covid19 et son impact socio-économique accentuent les besoins auxquels Action Cœur de Ville entend répondre. Il s’agit donc de soutenir, encore plus fortement, l’investissement public qui contribue à l’activité économique et industrielle dans ces territoires.

Les ministres ont partagé leur conviction que les villes dites « moyennes », à taille humaine, constituent un maillon irremplaçable du dynamisme des territoires et offrent un potentiel de développement considérable, dans un contexte de profonde mutation des usages et des attentes.

Au sein de l’ANCT, l’équipe d’Action Cœur de Ville s’est impliquée pour préparer des propositions d’enrichissements du programme, en corrélation avec le nouveau défi de la relance. Dans cet objectif, le programme mobilise, depuis fin mars, son réseau territorial et mène un travail, ville par ville, afin d’identifier les actions prioritaires, calculer le montant des financements sollicités et les demandes exceptionnelles de soutien ou d’adaptation souhaitées par les collectivités. Ces nombreuses remontées du terrain confirment les fortes attentes des villes partenaires du programme.
Yves Le Breton, directeur général de l’ANCT

Un moteur de la transition écologique

Les échanges ont porté sur les enrichissements souhaitables du programme, afin de concourir plus fortement à la transition écologique, via à un aménagement urbain plus durable et résilient :

  • la modernisation des commerces de proximité ;

  • le développement de services essentiels innovants à la population ;

  • la requalification de quartiers anciens ;

  • la place de la nature en ville, les nouvelles mobilités ;

  • la présence d’établissements supérieurs et de formation ;

  • la valorisation du patrimoine et du paysage

  • les opérations de revitalisation de territoire (ORT)…

Les partenaires financiers, dont la Banque des territoires, ont présenté leurs initiatives pour soutenir la relance de l’activité dans les villes moyennes et réussir les objectifs du programme dont la crise a confirmé la pertinence. Lire notre interview d’Olivier Sichel, directeur de la Banque des territoires.

Le comité a tracé une feuille de route stratégique, dont la traduction opérationnelle doit être aussi rapide que possible.

Une politique active de partenariats

Action Cœur de Ville illustre bien l’intérêt de coller aux besoins des collectivités et d’élargir la gamme d’outils à leur disposition, comme « Réinventons nos cœurs de ville », proposé avec l’appui du Puca et de la Cité de l’architecture et du patrimoine, l’aide au financement des commerçants et artisans de centre-ville Sans oublier celui avec la Siagi ou l’opération « Au cœur des territoires » pour créer des antennes locales de formation avec le Cnam. Lire notre interview d’Olivier Faron, son administrateur général.

D’autres partenariats sont en cours de finalisation comme celui avec le Conseil supérieur du notariat sur un Baromètre de l’immobilier dans les villes moyennes, qui sortira en juin prochain, et Enedis dans le domaine de l’énergie. L’association Sites et Cités remarquables de France s’est, elle, jointe au programme pour recenser toutes les actions menées dans le domaine et accompagner les collectivités à valoriser leur patrimoine culturel et historique, un levier d’attractivité touristique, et donc économique, majeur.

Une Feuille de route pour l’outre-mer

A ce jour, 15 des 29 villes moyennes que comptent les Départements et Régions ultra-marines bénéficient du programme. Elles recèlent de formidables opportunités attestées par des projets de qualité menés, mais aussi de réelles difficultés et spécificités. C’est la raison pour laquelle Rollon Mouchel-Blaisot a présenté une « Feuille de route » pour aider ces collectivités à bénéficier à plein des avantages du programme, en étroite collaboration avec la Direction générale de l’outre-mer, les partenaires financeurs, les préfectures et services déconcentrés de l’Etat, des opérateurs importants comme l’Agence française de développement (AFD).  Le but : mieux étoffer l’ingénierie, harmoniser les dispositifs et adapter des mesures aux réalités locales, comme l’auto-construction et l’auto-réhabilitation accompagnées de logements.  

Un comité interministériel et partenarial
Le comité de pilotage du 14 mai s’est déroulé avec la participation des ministres Julien Denormandie, chargé de la Ville et du Logement, Elisabeth Borne, chargée de la Transition écologique et solidaire, Frédérique Vidal, chargée de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Emmnanuelle Wargon, secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire, et Agnès Pannier-Runacher secrétaire d’Etat de l’Economie et des Finances, des représentants des ministres de la Culture et des Outre-mer, ainsi que des financeurs du programme : Banque des territoires, Action Logement, Anah, Anru ; des autres opérateurs comme Cerema, Ademe, le Cnam ; et les administrations de l’Etat concernées.