Médiation sociale


La médiation sociale est aujourd’hui reconnue comme un mode efficace de résolution des tensions et de mise en relation entre les populations des quartiers et les institutions. Depuis l’apparition des premières actions de médiation de « femmes-relais » à la fin des années quatre-vingt (notamment à Amiens, Grenoble, Montfermeil ou Marseille), les fonctions qui se revendiquent de la médiation sociale se sont beaucoup développées, avec un soutien important de l’État, via notamment le dispositif adultes-relais dans les quartiers de la politique de la ville.

Bien qu’il soit difficile de les quantifier avec exactitude, on peut estimer aujourd’hui à 12 000 le nombre d’emplois existants avec des dénominations variées (médiateurs sociaux, femmes-relais, médiatrices socioculturelles, correspondants de nuit, agents d’ambiance, médiateurs de santé, médiateurs scolaires, médiateurs de ville, etc.) dont environ un tiers de postes adultes-relais. Ils couvrent divers domaines d’activité (habitat, transports, santé, éducation, tranquillité publique, intervention sociale, services à la population) regroupant différents types d’employeurs (collectivités locales, bailleurs, transporteurs, services publics, secteur privé, associations...). 

Les adultes-relais

La création de postes d’adultes-relais est destinée à améliorer les relations entre habitants et services publics, ainsi que les rapports sociaux dans les espaces publics ou collectifs des quartiers de la nouvelle géographie prioritaire de la politique de la ville.

Selon le code du travail, les missions qui peuvent être confiées à l’adulte-relais sont diverses et consistent à :

  • informer et accompagner les habitants dans leurs démarches, faciliter le dialogue social entre services publics et usagers, et notamment établir des liens entre les parents et les services qui accueillent leurs enfants,
  • contribuer à améliorer ou préserver le cadre de vie,
  • prévenir et aider à la résolution des petits conflits de la vie quotidienne par la médiation et le dialogue,
  • faciliter le dialogue entre générations, accompagner et renforcer la fonction parentale par le soutien aux initiatives prises par les parents ou en leur faveur,
  • accueillir, écouter, concourir au lien social dans un équipement de proximité ou une association,
  • contribuer à renforcer la vie associative de proximité et développer la capacité d’initiative et de projet dans les quartiers.

Toutes les villes ne sont pas éligibles au programme « adultes-relais ». Seules peuvent en bénéficier celles qui relèvent d’un programme de la politique de la ville. Les territoires d’interventions des adultes-relais sont les quartiers prioritaires de la nouvelle géographie de la politique de la ville.

En 2014, le nombre de conventions couvrant des postes d’adultes-relais était de 4 021. Il est aujourd’hui passé à 3 943. Les postes sont déployés sur 96 départements.

Concernant le dispositif adultes-relais, l’axe de la professionnalisation des adultes-relais, avec la mise en place par le CGET d’un plan d’accompagnement professionnel des adultes-relais, piloté par les délégués régionaux (directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale - DRJSCS), porte sur deux niveaux d’intervention :

  • professionnaliser les interventions des adultes-relais sur les métiers de la médiation.
  • accompagner les parcours individuels et professionnels des adultes-relais dans une perspective de mobilité, de statut et d’emploi.

Grâce à ce dispositif, les adultes-relais ont largement accès à des formations professionnelles : 70% des adultes-relais en poste ont bénéficié d’au moins une formation entre 2011 et 2014, dans près de 88 % des cas ces formations étaient supérieures à 20 heures.

 

Autres actions de médiation

Au titre de la prévention et de la lutte contre le harcèlement à l’école, le réseau France Médiation a mis en place à compter de l’année scolaire 2012-2013, avec le concours financier du fonds d’expérimentation de la jeunesse (FEJ), une expérimentation de médiation sociale en milieu scolaire dans 160 établissements répartis sur 40 territoires de la politique de la ville. Outre le ministère de la Ville, cette expérimentation est soutenue par le ministère de l’Éducation nationale, le ministère de la Jeunesse et de la Vie associative et le SG-CIPD et fait l’objet d’un dispositif d’évaluation conséquent.

 

L’évaluation de l’action a démontré un impact massif du travail des médiateurs sur l’amélioration du climat scolaire au collège, en particulier :

  • Baisse significative du harcèlement : diminution de 11 % du harcèlement au collège, avec un impact particulièrement marqué pour les élèves les plus vulnérables (baisse de 46 % du harcèlement et de 90 % du cyber-harcèlement chez les garçons de 6e)
  • Amélioration du bien-être psychologique et de la sociabilité des enfants
  • Renforcement du lien Ecole-familles : baisse de 17 % du nombre de parents n’ayant pas de contact avec l’École, augmentation de 13% du nombre de parents ayant discuté plusieurs fois avec un enseignant
  • Modification des perceptions et des comportements des élèves et des adultes face à la violence
  • Diminution des absences chez les élèves de 6e et les enseignants
  • Baisse des dégradations matérielles

En 2015, de nouveaux sites ont souhaité mettre en place ce type de médiation sociale, et le CGET a déployé 50 postes d’adultes-relais à la rentrée 2015-2016.

Par ailleurs, un ouvrage a été diffusé en 2015 sur la médiation sociale dans les contrats de ville, afin de donner des outils pour la mise en place d’actions de médiation sur les quartiers et pour la reconnaissance de ce type d’intervention comme un vrai levier de la cohésion sociale.

 


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