VILLES MOYENNES

Des pistes pour la revitalisation commerciale des centres-villes

Publié le 03/11/2016

Le commerce de détail et l’artisanat disparaissent des centres des villes moyennes. Cette dévitalisation s’accroît: le taux de vacance atteint 10,4 % en 2015, contre 6,1 % en 2001. Quelles sont les causes et comment freiner ce phénomène ? Un rapport avance cinq leviers d’action pour redynamiser ces espaces, pour lesquels le CGET met en place les dispositifs de revitalisation.

Les villes moyennes, en premier lieu celles de moins de 50 000 habitants, sont fortement touchées par la dévitalisation commerciale. Mais, ce phénomène structurel tend à concerner toutes les villes françaises. « La dévitalisation commerciale des centres des villes est un enjeu sociétal fort : son origine et ses conséquences dépassent le seul sujet de l’activité commerciale », note le rapport de l’Inspection générale des finances et du Conseil général de l’environnement et du développement durable.

Certes, la concurrence des hypercentres commerciaux en périphérie ou de l’e-commerce aspire l’activité des zones de chalandise. Mais la dévitalisation des centres-villes relève de la conjonction de différents facteurs : taux de chômage et de pauvreté élevés dans les villes moyennes touchées, logements inoccupés à cause de la cherté des loyers, perte de la population, fiscalité élevée des unités commerciales (baux de 20 % plus chers que la moyenne nationale), problème d’accessibilité (transport en commun, stationnement...), diminution de l’offre d’équipement et des services présents…

Le rapport – commandé par le ministre chargé de l’Aménagement du territoire, la ministre du Logement et la secrétaire d’État chargée du Commerce – souligne la nécessité de déployer une stratégie globale, avec une « approche intercommunale ».

Remis le 20 octobre dernier, il avance 16 propositions pour une reconquête commerciale, bâtie autour de cinq leviers d’action :

  • encourager la définition de stratégies locales pour le développement du commerce ;
  • mieux assurer les équilibres avec des règles d’urbanisme commercial rénovées ;
  • coordonner les acteurs (organisations de commerçants, élus, opérateurs et service publics, chambres consulaires…) ;
  • accompagner les commerçants dans leur adaptation au commerce de demain ;
  • mobiliser et gérer le foncier commercial.

En détail sur : La revitalisation commerciale des centres-villes - synthèse

Repères
 

En 2015, 55 % des villes moyennes ont un taux de vacance supérieur à 10 %, contre seulement 27 % dans les grandes villes. Parmi les villes les plus touchées :
 
> Béziers (24,4 %) ;
> Châtellerault (22,5 %) ;
> Forbach (21,9 %) ;
> Antonay (21,3 %) ;
> Dreux (19 %) ;
> Saint-Brieuc (18,9 %) ;
> Montélimar (18,4 %) ;
> Libourne (16,5 %) ;
> Marmande (15,2 %) ;
>Saint-Omer (15,2 %).

Faire travailler ensemble commerçants et élus

Martine Pinville, secrétaire d’État chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Économie sociale et solidaire, a souligné notamment le financement « cette année, pour plus de 15 millions d’euros de projets de rénovation du commerce au travers du Fisac*, dont les priorités correspondent à l’enjeu de revitalisation des centres-villes et centres bourgs ». Elle a fait part de son souhait de « proposer, dès 2017, un accompagnement humain et logistique renforcé auprès des villes et des commerçants, avec la création d’outils innovants. Par ailleurs, il est urgent de suivre une stratégie de passage au numérique adaptée pour les TPE du commerce. »

Elle a annoncé l’organisation « d’un rendez-vous, début 2017, sous forme d’états généraux, qui réunira acteurs publics et privés du développement des centres-villes ».

* Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce.

Maintenir et ouvrir les commerces dans les quartiers prioritaires
 
Alors qu’une ville de 30 000 habitants comme Grigny (91) a vu son dernier supermarché fermer ses portes en septembre dernier, Épareca a pour mission d’aider les collectivités locales à maintenir des équipements commerciaux et artisanaux dans les quartiers de la politique de la ville, notamment lors des programmes de renouvellement urbain.
 
Le CGET travaille avec cet établissement, qui fête ses 20 ans. En deux décennies, Épareca a réalisé plus de 50 centres commerciaux ou artisanaux de proximité, indispensables au quotidien des habitants (pharmacie, boulangerie, moyenne surface alimentaire…). http://www.epareca.org
 
Sur ce sujet, lire les publications du CGET :
- « En détail » de novembre 2016 sur les « Effets de la rénovation urbaine sur le développement économique et l’emploi »
- « En bref » n° 13 - « Les commerces dans les quartiers : une offre à revitaliser et diversifier »
 
À noter : le CGET anime aussi le programme de revitalisation des centres bourgs, où la présence de commerces est primordiale. http://www.centres-bourgs.logement.gouv.fr/spip.php?page=sommaire