dossier > La France des nouvelles régions

La politique d’égalité des territoires, au cœur de l’action du CGET, nécessite la construction d’une expertise sur les dynamiques régionales, les inégalités de développement et les enjeux de rééquilibrage des territoires.

Il importe ainsi en particulier d’observer les inégalités territoriales à l’échelle des nouvelles régions françaises et d’analyser les grands enjeux auxquels les régions et l’État devront faire face.

C’est dans cet objectif que le CGET propose un dossier de monographies régionales, véritable portrait cartographique des nouvelles régions à la disposition de tous les acteurs locaux. Les cartes proposées permettront aux régions, d’une part de se situer les unes par rapport aux autres pour un champ complet de thématiques, et d’autre part de zoomer sur les disparités territoriales infrarégionales.

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nouvelles-regions-2016.jpg, par ggauguier

 

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Évolution de la population

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Solde naturel

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Solde migratoire

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Population immigrée

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Population vivant seule

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Vieillissement de la population

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Évolution du PIB de 1990 à 2007

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Évolution du PIB de 2007 à 2012

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Création d'entreprises

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Chômage

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Actifs

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Actifs : inégalité femmes - hommes

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Salaire : inégalité femmes - hommes

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Cadres des fonctions métropolitaines

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Tourisme

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Jeunes non insérés

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Diplômés du supérieur

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Réussite au brevet des collèges

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Couverture forestière

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Évolution de l'artificialisation des sols

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Utilisation du sol

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Utilisation de l'eau

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Énergie renouvelable

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Accès au très haut débit (THD)

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Équipements culturels

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Fréquentation culturelle

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Licences sportives

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Revenu disponible

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Inégalité salariale

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Suroccupation des logements

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Cette partie propose aujourd'hui des synthèses régionales qui seront bientôt complétées par des cartes permettant aux régions, d’une part de se situer les unes par rapport aux autres pour un champ complet de thématiques, et d’autre part de zoomer sur les disparités territoriales infrarégionales.

 

Alsace Champagne-Ardenne Lorraine

Région frontalière à vocation européenne, la nouvelle région Alsace  Champagne-Ardenne Lorraine fait face, à l’heure de la réforme territoriale, à d'importants défis démographiques et économiques. Sur le plan démographique en effet, la région affiche un solde migratoire négatif et la troisième plus faible évolution de la population entre 1999 et 2012 (après la Martinique et Nord-Pas-de-Calais  Picardie). Dans le domaine de l’emploi, l’un des faits les plus marquants est le fort écart du taux d’activité entre hommes et femmes, l’un des plus élevés des régions françaises. Plus largement, la situation économique de la région, caractérisée par une part relativement forte du secteur industriel et relativement faible du secteur tertiaire, et marquée par le processus de désindustrialisation, apparaît comme peu dynamique par rapport à d'autres régions françaises, ainsi qu’en atteste la faible croissance du PIB/habitant entre 1990 et 2012 (une des plus faibles à l'échelle nationale).

 

Aquitaine Limousin Poitou-Charentes

Plus vaste région française avec ses 720km de côtes,  puissante région agricole (la région se plaçant au premier rang en terme de valeur ajoutée dans l'agriculture) et industrielle, avec par ailleurs une densité de population parmi les plus faibles de métropole-plus de la moitié de la population vivant dans des communes peu denses ou très peu denses-, la région Aquitaine Limousin  Poitou-Charentes apparaît en bonne santé au regard de la plupart des indicateurs. Structurée autour de la métropole de Bordeaux, du littoral atlantique , et de multiples systèmes urbains locaux, la région affiche un dynamisme démographique indéniable, malgré un vieillissement marqué de sa population (deuxième région pour l’indice de vieillissement) : évolution de la population parmi les plus fortes de France, due principalement au solde migratoire (figurant au 3ème rang à l’échelle nationale). Son dynamisme économique est également à relever (taux de création d’entreprises et taux d’activité égaux et supérieurs à la moyenne, taux de chômage légèrement inférieur à la moyenne) en dépit  d’une évolution du PIB par habitant de 1 point inférieure à la moyenne sur la période  1990-2012. Elle dispose par ailleurs de nombreux atouts, entre autres dans le domaine de l’éducation, avec notamment un nombre d’équipements dans l’enseignement supérieur la plaçant au 4ème rang des régions françaises.

 

Auvergne Rhône-Alpes

Deuxième région française la plus peuplée et deuxième région en termes de PIB, la nouvelle région Auvergne Rhône-Alpes présente une situation très favorable selon de nombreux  indicateurs. En dépit d’une démographie relativement peu dynamique à l’échelle de la France (rythme d'évolution de la population légèrement supérieur à la moyenne mais indice de vieillissement supérieur à la moyenne), l’analyse des indicateurs de revenus de sa population, ainsi que la situation de l’emploi, révèlent en effet une région riche et dynamique, avec un taux d’emploi ainsi qu’un taux d’activité élevés, et un taux de chômage faible par rapport aux autres régions. Forte d'une position de carrefour européen et en particulier d’une frontière commune avec la Suisse, la région peut compter sur des atouts multiples : industrie puissante, dynamisme des métropoles de Lyon et Grenoble, patrimoine naturel support d'activités touristiques, etc. Elle dispose également d’atouts remarquables dans le domaine de l’éducation, la région venant se placer au 2ème  rang pour la part des diplômés et pour le nombre d'équipements dans le supérieur ; les jeunes sont par ailleurs relativement peu souvent en situation de non-insertion. La région apparaît ainsi comme une région puissante et bien positionnée au regard de l’ensemble des indicateurs sociaux et économiques.

 

Bourgogne Franche-Comté

En dépit d'un positionnement stratégique entre couloirs rhodanien et rhénan, la plus industrielle des régions au regard de la part des emplois industriels dans l'emploi total (mais 4ème place seulement à l'échelle nationale pour la part de la valeur ajoutée dans l'industrie) apparaît aujourd'hui particulièrement exposée aux effets de la crise économique : perte d’emplois, hausse du taux de chômage, et plus largement, diminution du PIB par habitant entre 2007 et 2012 (constituant la plus faible évolution du PIB par habitant en France). Dans ce contexte, la région Bourgogne Franche-Comté fait face à des difficultés d’ordres économique et démographique. Le développement économique constitue le principal défi pour cette nouvelle région avec un taux de création d'entreprises parmi les plus faibles des régions françaises, et une faible part de cadres dans l'ensemble de la population active. Par ailleurs, avec l’une des plus faibles évolutions de la population à l’échelle nationale, un solde migratoire négatif et une population vieillissante, la situation démographique de Bourgogne  Franche-Comté est également préoccupante. Enfin, les défis liés à l’éducation et à la formation des jeunes sont également à relever, avec en particulier un faible taux de diplômés du supérieur et un relatif déficit d’équipements dans le supérieur. Mais globalement, les enjeux sociaux sont moins prégnants sur le territoire, la région apparaissant comme relativement peu marquée par la pauvreté et les inégalités (faible taux de suroccupation des logements, taux de foyers allocataires CAF moyen) même si dans le même temps, le revenu médian demeure inférieur à la moyenne nationale.

 

Bretagne

La Bretagne, aux limites administratives inchangées au 1er janvier 2016, affiche des indicateurs de bonne santé démographique et économique. C'est une région qui gagne de la population, avec un solde migratoire positif, probablement en partie responsable de la forte artificialisation du sol qui ne cesse de s’accroître. La Bretagne, forte d’un secteur agricole et d’une industrie agro-alimentaire puissants ainsi que de la prégnance de l’économie présentielle sur son territoire, dispose du plus faible taux de chômage national. Les indicateurs caractérisant le niveau de vie de sa population sont également positifs, tant sur le plan du revenu médian, pour lequel la région se place au 3ème rang, que du taux de suroccupation des logements ou de la part de foyers bénéficiaires de l'APL, relativement peu élevés. Les signes de précarité et de pauvreté apparaissent de fait limités dans cette région où les inégalités de revenus au sein de la population sont parmi les plus faibles à l’échelle nationale. La population bretonne dispose par ailleurs d’un bon niveau d’éducation, la région disposant du second taux de réussite au brevet, de l’un des plus forts taux de diplômés du supérieur entre 25 et 34 ans, et d'un très faible taux de jeunes non insérés. Cependant, ces dernières années, du fait de la crise, les indicateurs économiques de la région tendent à se dégrader, avec par exemple le 4ème plus faible taux de création d’entreprises, et l’une des plus faibles évolutions du PIB par habitant entre 2007 et 2012. Enfin, la population bretonne fait face à un vieillissement relativement marqué.

 

Centre Val-de-Loire

La région Centre-Val de Loire, peu densément peuplée, 43 % de la population vivant dans des communes peu denses, et dont l'économie est orientée plutôt vers l'industrie, affiche des indicateurs économiques et sociaux faisant état d'une situation ambivalente. Dans cette région, dont une partie des départements sont  sous forte influence francilienne, un niveau de vie relativement élevé (4ème revenu médian, le plus faible taux de suroccupation des logements) s'associe à une relativement bonne santé économique (taux de chômage inférieur à la moyenne et taux d’activité supérieur à la moyenne). Dans le même temps cependant, la région a connu la plus faible évolution du PIB/habitant entre 1990 et 2012 et l’une des plus basses entre 2007 et 2012. Un des principaux défis auxquels elle doit faire face actuellement est d’ordre démographique. La région Centre-Val de Loire présente en effet une croissance de sa population entre 1990 et 2012 relativement faible, avec des soldes naturel et migratoire tous les deux inférieurs à la moyenne, ainsi qu’une population vieillissante. Le taux d’équipements culturels ainsi que le nombre d’établissements d’enseignement supérieur sont également inférieurs à la moyenne nationale et suggèrent des limites en matière d’équipements. Le diagnostic territorial de la région est donc nuancé, tant sur le plan économique que sur le plan social.

 

Corse

La Corse, bénéficiant d’un statut particulier à partir du 1er janvier 2016, affiche des dynamiques démographiques et économiques spécifiques mettant en exergue plusieurs défis auxquels le territoire doit faire face actuellement. La situation démographique de la région apparaît unique, avec à la fois la plus forte croissance démographique de l'ensemble des régions françaises (Guyane mise à part) due exclusivement au solde migratoire, l’un des plus fort taux de population immigrée, et l’indice de vieillissement le plus fort. Sur le plan du revenu ainsi que de l’éducation de sa population, de même que sur celui de l’emploi, les faiblesses sont réelles. Ainsi, la précarité de la population apparaît plus marquée qu’ailleurs (revenu médian l’un des plus bas en France, plus fort taux de suroccupation des logements), tandis que le territoire, en dépit du meilleur taux national de réussite au brevet, souffre de la faible présence d’infrastructures en matière d’enseignement supérieur et d’une faible part de diplômés entre 25 et 34 ans. De la même manière, la situation de l’emploi est préoccupante, puisque la Corse affiche l’un des plus faibles taux d’activité français et le plus fort écart de taux d’activité homme-femme. La situation économique est donc moins bonne que dans les autres régions métropolitaines. Néanmoins, certains indicateurs clés témoignent d’une dynamique à la fois démographique et économique positive, et sont symptomatiques d’une amélioration réelle du niveau de vie en Corse (évolution du PIB/habitant parmi les plus fortes, rattrapant ainsi la moyenne nationale).

 

Île-de-France

Avec des limites administratives inchangées au 1er janvier 2016, la région Île-de-France, région la plus urbanisée et où l’évolution des surfaces artificialisées est toujours l’une des plus rapides, demeure la première région en termes de population et de richesse, avec une économie tournée vers les activités à très forte valeur ajoutée. La situation démographique de l’Île-de-France est également spécifique : forte population immigrée, forte attractivité vis-à-vis des étudiants et des jeunes actifs. Elle présente cependant un solde migratoire négatif et ne doit donc sa croissance démographique –qui se situe dans la moyenne- qu'au solde naturel (3ème rang national).  La région se distingue dans les domaines de l’éducation et des équipements, avec la plus forte proportion de diplômés du supérieur, le plus grand nombre d’équipements dans l’enseignement supérieur et le meilleur taux d’accès à des équipements culturels. Par ailleurs, le dynamisme économique de l’Île-de-France est indéniable, avec un taux de chômage inférieur à la moyenne et les meilleurs chiffres en termes de création d’entreprises et de de taux d’activité, tandis que dans le même temps l’évolution du PIB sur le moyen et le court terme est parmi les plus rapides. Pourtant, les signes de l’existence d’inégalités marquées au sein du territoire francilien apparaissent à la lecture des indicateurs de richesse de la population. Avec une forte inégalité de la répartition des revenus disponibles, la région combine à la fois le plus haut revenu médian national et le second taux de suroccupation des logements ainsi que de la plus forte part de foyers allocataires de la CAF. L’Île-de-France apparaît ainsi comme un territoire de contrastes.

 

Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées

Structurée par les métropoles toulousaine et montpelliéraine d’une part, par le littoral méditerranéen  d’autre part, la nouvelle région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées se distingue par la présence de nombreux atouts sur son territoire (fort dynamisme démographique et économique) mais également par des signes de forte précarité sociale (pauvreté et chômage). Sur le plan démographique, la région connaît la plus forte évolution de la population en métropole (se plaçant au 2ème rang en matière de solde migratoire), mais elle affiche le 4ème indice de vieillissement. La situation de l’emploi est révélatrice de paradoxes, dans la mesure où la région, avec une économie à dominante présentielle, combine à la fois l’un des meilleurs taux de création d’entreprises et le plus fort taux de chômage en métropole. Sur le plan du niveau de vie et du niveau d’éducation des populations, les résultats sont également contrastés, la région disposant d’une part importante de sa population diplômée dans le supérieur et se plaçant au 5ème rang en matière d’équipements dans l’enseignement supérieur, alors qu’elle affiche l’un des plus faibles taux de réussite au brevet en métropole, et plus globalement, le troisième plus faible revenu médian à l’échelle nationale. La région cumule donc plusieurs indicateurs en apparence contradictoires et révélateurs d’inégalités territoriales. 

 

Nord-Pas-de-Calais Picardie

La région Nord-Pas-de-Calais Picardie, où la part des surfaces artificialisées et où les densités de population sont parmi les plus fortes en France, apparaît comme l’une des régions françaises les plus pauvres, en plus d’être durement affectée par la désindustrialisation et la crise économique. En effet, les indicateurs de la pauvreté de la population régionale sont indéniables, la région combinant le plus bas revenu médian métropolitain ainsi que la plus forte part de foyers allocataires logement de la CAF. Les difficultés des populations touchent aussi au domaine de l’emploi, la région affichant le plus fort taux de chômage métropolitain, l’un des plus faible taux d’activité et un important écart de taux d’activité homme-femme. Si la région dispose d’un bon réseau d’établissements dans l’enseignement supérieur (3ème rang national), la part des jeunes de 25-34 ans diplômés du supérieur est inférieure à la moyenne, et la région est celle qui connaît la part des jeunes non insérés la plus forte. La région peine à retenir ses populations diplômées et dispose de l’une des plus faibles croissances démographiques en France. Elle se situe de fait à l’avant-dernier rang national en termes d’évolution de la population, et affiche aujourd’hui un solde migratoire négatif qui apparaît comme le plus faible à l’échelle métropolitaine. La nouvelle région combine des indicateurs de mauvaise santé démographique et économique, qui soulèvent de nouveaux défis à la fois en termes d’amélioration de la qualité de vie des populations, de qualification de la main d’œuvre et de situation de l’emploi.

 

Normandie

La nouvelle région Normandie résulte d’une fusion entre un territoire à dominante agricole et une région plus industrialisée. Elle ne se distingue pas réellement des autres régions françaises par des indicateurs économiques, qui pour la plupart se situent autour de la moyenne. En revanche, en matière de qualité et de niveau de vie de la population, ainsi que de dynamisme démographique, la région apparaît légèrement en retrait par rapport aux autres régions : revenu médian inférieur à celui de la métropole et seconde plus forte part de foyers allocataires logement de la CAF. D'autre part la main d’œuvre normande apparaît moins qualifiée qu’ailleurs. De plus, elle se situe parmi les régions avec les plus faibles parts de population diplômée dans le supérieur entre 25 et 34 ans, et un nombre d’établissements dans l’enseignement supérieur largement inférieur à la moyenne. Par ailleurs et plus globalement, l’évolution du PIB par habitant entre 1990 et 2012 est inférieure de 6 points à la moyenne nationale, révélatrice d'un faible dynamisme économique. A l’échelle de la Normandie unifiée, le dynamisme démographique est limité, la région, avec un seuil migratoire négatif, connaissant l’une des plus faibles croissances démographiques.

 

Pays de la Loire

La région des Pays de la Loire affiche un fort dynamisme démographique et économique (fondé sur un secteur industriel très présent) qui se traduit également en termes d'artificialisation du sol, en forte progression. La région se situe au 3ème rang en matière d’accroissement de la population en métropole, avec une croissance due à la fois au solde naturel et migratoire. Les indicateurs de qualité et de niveau de vie (l’un des plus faibles taux de suroccupation des logements) ainsi que d’éducation de la population sont relativement bons, plaçant la région au-dessus des moyennes nationales, en dépit d’un revenu médian légèrement inférieur au niveau français. D’autre part, forte d’une économie diversifiée, la région affiche le second plus fort taux d’activité à l’échelle nationale ainsi que l’un des plus faibles taux de chômage. Sur le moyen terme, l’évolution du PIB par habitant a été l’une des plus fortes à l’échelle nationale. La région dispose de nombreux atouts, démographiques et économiques, qui soulèvent par ailleurs de nouveaux enjeux, en particulier ceux relatifs à la poussée démographique (éducation et formation de la jeunesse). Il faut néanmoins noter que les indicateurs les plus récents donnent à penser à une légère dégradation de la situation économique de la région, avec une évolution du PIB par habitant entre 2007 et 2012 très légèrement inférieure à la moyenne nationale.

 

Provence-Alpes-Côte d’Azur

La région PACA apparait partagée entre des signes de dynamisme économique et des indicateurs de pauvreté de sa population. Avec une économie reposant en premier lieu sur le secteur tertiaire, la région affiche le 4ème plus fort taux de création d’entreprises et une évolution du PIB par habitant supérieure à la moyenne entre 1990 et 2012 (et l’une des plus fortes en métropole entre 2007 et 2012). Pourtant, tous les indicateurs économiques ne sont pas aussi positifs : cette région présente le troisième taux de chômage le plus important et un écart de taux d’activité entre les hommes et les femmes parmi les plus forts en France. Au problème de l’inactivité s’ajoutent ceux de la précarité et de la pauvreté, avec l’un des plus forts taux de suroccupation des logements (2nd rang en métropole) et un revenu médian largement inférieur à la moyenne nationale. Ainsi, la région apparaît en retrait par rapport aux autres régions françaises sur le plan du niveau de vie de sa population. Les défis de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur concernent donc avant tout la lutte contre le chômage et la pauvreté, et plus largement les inégalités, mais également les conséquences liées au vieillissement de sa population (3ème indice de vieillissement français).

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Les indicateurs sociaux et économiques font état d'une fracture entre les départements et régions d’outre-mer (DROM) et les régions françaises métropolitaines. Les situations économiques des différents DROM apparaissent en effet en retrait par rapport à celles des régions métropolitaines, tandis que leur croissance démographique se démarque du reste des autres régions françaises. Au sein des DROM, la Guadeloupe et la Martinique ont des indicateurs comparables et s’en sortent globalement mieux que les autres, sauf pour ce qui concerne les indicateurs démographiques (solde migratoire négatif, croissance de population en baisse, vieillissement), en cause, une baisse des taux de natalité et une forte émigration de travail des jeunes adultes.

 

Martinique

Bien que la plupart des indicateurs de la Martinique situe la région en retrait par rapport aux régions métropolitaines, elle se place globalement en tête des départements et régions d’outre-mer, en termes de dynamisme économique et de niveau de vie de sa population. En effet, la région affiche le plus faible taux de chômage au sein des DROM, même s’il demeure deux fois plus élevé que la moyenne métropolitaine. Son taux d’activité, supérieur à celui des autres DROM, est très proche de la moyenne nationale. Du point de vue du niveau de vie et d’éducation, la Martinique affiche de meilleurs indicateurs que les autres DROM, mais elle reste loin du niveau national, avec par exemple plus d'un jeune de 15-24 ans sur quatre en situation de non insertion. La Martinique souffre par ailleurs d'un manque d'équipements, avec par exemple le plus mauvais taux d'équipements culturels. En dépit d’une augmentation récente de son PIB par habitant supérieure à la moyenne nationale, la région n’apparait pas attractive économiquement. Les récents indicateurs témoignent d’une situation économique peu dynamique, avec par exemple le plus faible taux français de création d’entreprises. La Martinique présente par ailleurs un solde migratoire fortement négatif, en particulier chez les jeunes, avec pour conséquence la plus faible croissance démographique parmi les régions françaises. Malgré cette faible croissance démographique, le sol de la Martinique, déjà fortement artificialisé, affiche l’une des plus fortes évolutions des surfaces artificialisées ces dernières années. Les enjeux économiques et démographiques de la région, auxquels s’ajoutent donc les enjeux environnementaux, se présentent comme de véritables défis pour la Martinique.

 

Guadeloupe

Au sein des départements et régions d’outre-mer, la Guadeloupe figure, avec la Martinique, parmi les régions dont les indicateurs de richesse et de situation économique sont les meilleurs, bien qu'en retard sur les régions métropolitaines. Elle présente toutefois une situation démographique préoccupante, avec une croissance de sa population fortement ralentie, liée à un solde migratoire fortement négatif. Elle connaît néanmoins  une forte évolution des surfaces artificialisées (sur une base déjà élevée), ce qui pose la question de la gestion des ressources et des écosystèmes. Par ailleurs, sur les plans social et économique, les indicateurs sont globalement tous inférieurs à la moyenne nationale, et attestent de difficultés dans la région tant sur le plan de la santé économique et financière, que sur celui du niveau de vie de la population, même si certains indicateurs, tels que l’évolution récente du PIB par habitant plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale, peuvent être considérés comme encourageants. Ainsi les indicateurs économiques font état d’un très fort taux de chômage (2 fois supérieur à la moyenne nationale) et d’un très faible taux d’activité (4 points inférieur à la moyenne nationale), plaçant néanmoins la région au deuxième rang parmi les DROM. Concernant le niveau de revenu et l’éducation, même si la situation est moins préoccupante que dans les autres DROM, les signes de pauvreté sont plus marqués qu’en métropole. Dans le domaine de l’éducation et de la formation, la région souffre de la faiblesse des équipements et de la part des diplômés dans l’enseignement supérieur, ainsi que d’un fort taux de jeunes non insérés. Les principaux défis auxquels la Guadeloupe doit faire face sont principalement économiques (situation de l’emploi) et sociaux (niveau de vie des habitants, éducation).

 

La Réunion

La Réunion, région très densément peuplée (3ème densité nationale derrière l’Île-de-France et la Martinique) et dont les sols sont très fortement artificialisés, doit faire face à des défis à la fois démographiques, sociaux et économiques importants. La plupart des indicateurs sont en effet largement en retrait des moyennes nationales, et même au sein des autres départements et régions d’outre-mer, la Réunion affiche une situation assez préoccupante. Les enjeux démographiques de la région sont liés à la jeunesse de sa population (2ème plus faible indice de vieillissement français) ainsi qu’à sa forte croissance (3ème plus forte évolution de la population en France), due au solde naturel uniquement. Les indicateurs sociaux de la région font état d’une situation sociale où se mêlent pauvreté, précarité et exclusion : fort taux de suroccupation des logements (3ème au niveau des régions françaises), un tiers des jeunes de 15-24 ans non-insérés. Les enjeux économiques sont réels, dans la mesure où la région affiche le taux de chômage le plus élevé de l'ensemble des régions françaises (36%), l’un des plus faibles taux d’activité et une hausse globale du PIB par habitant sur la période récente inférieure à la moyenne nationale et aux autres DROM. La région semble ainsi dans une situation économique difficile, et les signes d’un rattrapage ne se sont pas aussi prégnants, que dans d’autres régions d’outre-mer.

 

Guyane

Au second rang derrière l'Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes en termes de superficie, mais à l'avant-dernier rang (avant Mayotte) pour l'effectif de sa population, la Guyane est un territoire très peu densément peuplé aux sols très peu artificialisés (contrairement aux autres DROM). La Guyane doit donc faire face à des défis majeurs d’ordre à la fois démographique, social et économique. Avec l’indice de vieillissement le plus faible en France et la croissance démographique la plus forte (principalement due au solde naturel, mais également au solde migratoire, positif, contrairement aux autres DROM),  le profil démographique de la Guyane est spécifique et pose des questions en matière d’éducation et de formation de la jeunesse. En ce domaine, la région se situe au dernier ou à l’avant-dernier rang pour tous les indicateurs mobilisés (part des diplômés dans le supérieur, taux de réussite au brevet, nombre d’équipements dans le supérieur, non-insertion des jeunes). Avec une proportion de population immigrée de près de 30%, la Guyane doit faire face à d'importants problèmes d'intégration de ces populations. Les enjeux sociaux touchent enfin à la pauvreté et aux conditions de vie de la population locale  (plus fort taux de suroccupation des logements, plus d’un tiers de la population). Enfin, les enjeux d’aménagement sont clairement identifiables, le faible niveau d’équipements (culturels, sportifs, ou encore la couverture haut-débit) traduisant une véritable fracture territoriale entre la Guyane et les autres régions françaises.

 

Mayotte

Le faible nombre d’indicateurs disponibles sur Mayotte ne permet pas de produire une synthèse réellement pertinente de la situation de la région. La situation économique apparaît toutefois très en retrait. Si la plupart des autres DROM connaissent une dynamique économique positive et tendent ainsi à réduire les écarts avec la métropole, il ne semblerait pas que ce soit le cas de Mayotte, dont le taux de création d’entreprise reste inférieur à la moyenne nationale et dont l’évolution du PIB par habitant est inférieure à la moyenne également. Par ailleurs, le peu de données sur l’éducation laisse néanmoins penser que la région dispose de peu de moyens pour former sa population et sa main d’œuvre. Mayotte affiche en effet le plus faible taux de réussite au brevet, et possède uniquement 5 établissements dans l’enseignement supérieur.