Le sport en QPV

Une source d’emploi, de cohésion et de bien-être

Sébastien Jallet, commissaire délégué, a participé aux 9e rencontres nationales de l'emploi sportif


Publié le 10/04/2018

Quelle place accorde la politique de la ville au sport, dans les quartiers prioritaires ? Et comment faire du sport un métier, en particulier dans la perspective des JO de 2024 ? Des questions au cœur des 9es Rencontres nationales de l’emploi sportif et des loisirs* qui se déroulent, ce 10 avril, à La Grande Motte (34), en présence notamment de Sébastien Jallet, commissaire général délégué et directeur de la Ville et de la Cohésion urbaine au CGET. L’occasion aussi de faire le point sur la pratique sportive dans les 1 514 quartiers de la politique de la ville.

Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), certaines activités sportives sont quasi-absentes, comme le tennis, alors que le football y tient le podium : deux fois plus de licenciés qu’en moyenne nationale. Mais, de manière générale, la pratique sportive licenciée y est nettement moins élevée qu’au niveau national, notamment chez les femmes. En 2015, seulement 4 % des habitants des QPV étaient licenciés, alors qu’ils représentent 8 % de la population totale de France métropolitaine (voir http://www.onpv.fr).

À cela s’ajoute un sous-équipement récurrent : 428 quartiers prioritaires (dont 50 situés en outre-mer) ne disposent d’aucun équipement sportif, ce qui accentue les difficultés d’accès aux lieux de pratiques sportives. De leur côté, les acteurs associatifs et institutionnels regrettent une faible valorisation du sport auprès de la population – accrue par une certaine réticence à pratiquer des sports moins populaires – et un manque d’information sur l’offre sportive à sa disposition. Or, si l’activité sportive est source de bien-être (prévention des maladies cardio-vasculaires, par exemple), c’est aussi un vecteur de cohésion sociale et de valeurs éducatives. Et, en outre, un moyen de préparer des jeunes à leur insertion professionnelle.

La dimension sportive des contrats de ville

Intervenant lors de la table ronde sur la place du sport dans la politique de la ville, Sébastien Jallet a pu rappeler que les 435 contrats de ville, en tant que projet de territoire, prennent en compte la dimension sportive. Dans ce cadre, 5,5 millions d’euros ont été versés, en 2017, à des projets sportifs (égalité d’accès à la pratique sportive, encadrement de jeunes délinquants par la discipline sportive…) Il a également indiqué que la mission confiée à Jean-Louis Borloo, pour co-construire la nouvelle feuille de route de la politique de la ville, s’appuie sur dix groupes de travail nationaux, dont l’un porte sur le sport.

Le sport, un levier pour l’emploi

Le fort taux de chômage dans les quartiers prioritaires manifestes l’une des inégalités les plus criantes entre ces quartiers et leur environnement urbain. Le dispositif des emplois francs, actuellement expérimenté, peut notamment bénéficier aux associations qui emploient une personne résidant en QPV. Les associations sportives sont donc concernées, et le levier des emplois sportifs ainsi actionné contribuera à soutenir l’insertion professionnelle dans les quartiers.

« Enfin, l’organisation de manifestations sportives animées par des médiateurs, en particulier les adultes relais, peut être l’occasion de travailler à la cohésion locale autour d’un projet de quartier, a relevé Sébastien Jallet. La perspective des JO 2024 doit être l’occasion de travailler à une plus grande cohésion des territoires, dont les quartiers prioritaires de la politique de la ville, autour des valeurs républicaines constitutives de l’unité de notre Nation. C’est par la mobilisation conjuguée, particulièrement au niveau local, des acteurs du sport et de la politique de la ville que l’utilisation du sport comme outil au service des enjeux de la stratégie territoriale peut réellement se concrétiser. Ces 9es Rencontres nationales constituent une étape salutaire dans la création de cette culture commune. »

* Les 9e Rencontres nationales de l’emploi sportif et des loisirs ont été organisées, les 9 et 10 avril, par la fédération nationale « Profession sport et loisirs », qui regroupent environ 80 associations. Elles ont réuni professionnels du sport et des loisirs, employeurs, représentants institutionnels et acteurs locaux autour des moyens de développer l’emploi du sport, de l’animation et de la jeunesse.