Développement économique

Témoignages : retour d’expériences en région

Photos : A. Dattola / CGET


Publié le 11/07/2017

Les services de l’État accompagnent les collectivités et les acteurs économiques dans leurs projets de développement économique, selon des contextes et des enjeux adaptés à leurs territoires. Le CGET leur apporte un soutien dans leur mission, au quotidien. Ils étaient réunis à Paris, le 20 juin dernier, avec l’équipe de la sous-direction des Mutations économiques, de l’emploi et de l’innovation du CGET.

 

Laurent Malet

laurent-malet.png, par hvanmalle

Laurent Malet, chargé de mission économie à la préfecture de Martinique

À quelles spécificités économiques tentez-vous de répondre en Martinique ?

Le développement économique en Martinique s’appuie principalement sur le tourisme et l’industrie agroalimentaire. N’oublions pas le secteur tertiaire qui englobe les services et l’administration publique. Mon travail consiste à articuler les différents acteurs autour de ces filières économiques pour chercher de la cohérence. Il s’agit de faciliter le développement et la création d’entreprises. À titre d’exemple, j’accompagne le cluster Innovagro, qui regroupe des entreprises du secteur agroalimentaire. Mon objectif est de soutenir sa démarche d’innovation, sa croissance et sa recherche de nouvelles opportunités.

Quel rôle joue le CGET à vos côtés ?

Le CGET est un vrai atout au quotidien. Il joue un rôle de centre de ressources et d’information sur tous les dispositifs que l’on peut activer pour soutenir le développement économique. Dans le cadre du contrat de plan État-Région 2015-2020, le CGET nous a permis, par exemple, de mettre en articulation l’ensemble des acteurs et de pouvoir aboutir à un document qui respecte la réglementation, tout en maintenant une cohérence pour le territoire.

Quels enseignements tirez-vous de cette journée ?

Le principal intérêt est de pouvoir rencontrer non seulement les équipes du CGET mais aussi mes homologues. Avec eux, j’ai eu l’occasion d’échanger sur des problématiques rencontrées au quotidien, face auxquelles nous apportons parfois des solutions différentes. Au final, cela nous permet d’avoir une large palette d’outils et de façons d’affronter ces difficultés pour mieux répondre aux attentes du tissu économique et social de nos territoires.

 

Patrice Liogier

patrice-liogier.png, par hvanmalle

Patrice Liogier, adjoint au Commissaire au redressement productif de la Direccte* Auvergne-Rhône-Alpes, référent unique aux investissements

Comment décririez-vous votre fonction au sein de la Direccte Auvergne-Rhône-Alpes ?

En tant que référent unique aux investissements, je suis là pour soutenir au sein de l’État tous les projets d’investissements importants que peut attirer la grande région Auvergne-Rhône-Alpes. Avec la région, nous avons mis en place un comité de suivi qui permet d’échanger sur les différents projets qui sont en cours et de déterminer vers quels dispositifs d’aide les orienter. Nous venons de finaliser le projet Hexcel, un grand projet d’investissement américain en France. Cette entreprise qui fabrique des composites pour l’industrie aéronautique va s’implanter sur la plateforme chimique de Roussillon et générer à terme 200 emplois. Cet investissement a permis de mobiliser toutes les compétences de la Direccte sur les procédures environnementales, les aides aux entreprises et le recrutement.

Comment intervient le CGET dans la constitution d’un dossier de financement ?

J’ai de fréquents contacts avec l’équipe de la Commission interministérielle des aides à la localisation des activités (Ciala) sur les dossiers de prime d’aménagement du territoire pour l’industrie et les services (PAT). Elle me conseille et m’oriente sur les aides aux entreprises. C’est une aide précieuse de la naissance d’un projet jusqu’à son financement.

Quels bénéfices tirez-vous de votre participation à cette réunion ?

La richesse de la discussion avec les collègues nous permet de mieux comprendre quels sont les enjeux dans les autres régions et d’échanger sur les bonnes pratiques. Une sorte de benchmark qui nous permet de piquer les bonnes idées !

 

Hélène Exbrayat

helene-exbrayat.png, par hvanmalle

Hélène Exbrayat, chargée de mission développement économique auprès du préfet de région et référent unique aux investissements au Sgar** Hauts-de-France

À quelle situation économique êtes-vous confrontée dans les Hauts-de-France ?

La région Hauts-de-France est une région très industrielle qui a perdu beaucoup d’emplois sur la dernière décennie. L’objectif central, porté par la région et la chambre de commerce, est de travailler sur la réindustrialisation en positionnant le territoire sur la troisième révolution industrielle (TRI), autour du développement du numérique et des mutations écologiques et énergétiques. C’est un des axes forts du schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII). Cela nous permet de donner une vision à long terme de ce que pourrait devenir la région dans quelques années.

Quel dispositif a été mis en place pour atteindre cet objectif ?

Un comité d’appui à la revitalisation et à la réindustrialisation des Hauts-de-France a été lancé par Xavier Bertrand, président du conseil régional et Emmanuel Macron, lorsqu’il était ministre de l’Économie. Représentant le conseil régional, la Chambre de commerce et d’industrie de région et l’État, cette équipe, composée de six personnes, travaille au plus près du terrain et accompagne les porteurs de projet qu’ils soient des entreprises, des pôles ou des filières.

Quel bilan faites-vous de votre participation à cette journée ?

Je suis très contente que le CGET ait mis en place ces réunions bisannuelles. Cela permet de faire le point sur de nombreux sujets notamment sur le Programme d’investissements d’avenir 3 (PIA3) régionalisé, sur le territoire d’innovation ou encore sur la transparence des aides publiques versées aux entreprises. C’est assez rassurant de voir que d’autres sont confrontés aux mêmes problématiques et de partager des solutions. En fonction des relations entre l’État, le conseil régional et les opérateurs, les démarches peuvent différer d’un territoire à un autre. Je repars ainsi avec une vision de ce qui se fait ailleurs. L’intérêt de ces réunions est de pouvoir discuter de l’adéquation des dispositifs aux spécificités de nos régions. Nous avons ainsi évoqué l’adaptation des cahiers des charges et des appels à projet aux territoires, notamment en outre-mer. Les dispositifs ont vocation à évoluer ; nous jouons en quelque sorte un rôle d’initiateurs des transformations à venir.

* Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi. 
**Secrétariat général aux affaires régionales.