Lutte contre la radicalisation

« Prévenir pour protéger » : le Premier ministre annonce les mesures du nouveau plan national


Publié le 23/02/2018

Le Premier ministre, Édouard Philippe, réunissait le comité interministériel de la prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), le 23 février dernier, à Lille. Un plan conçu pour « réorienter la politique de prévention » à travers 60 mesures à déployer notamment à l’école, auprès des acteurs d’Internet, dans l’éducation aux médias, les sphères professionnelles, les dispositifs de détection et de réinsertion, mais aussi la recherche pour comprendre et cerner les mécanismes de radicalisation.

Actuellement, en France, 19 745 individus sont recensés au Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPR). Par ailleurs, environ 2 600 jeunes sont pris en charge et 800 familles accompagnées à travers le réseau des cellules préfectorales de prévention et d’accompagnement des familles (CPRAF), et 1 123 détenus de droit commun sont identifiés comme radicalisés. « La radicalisation s’est affirmée en France, à l’instar d’autres pays européens et régions du monde, comme une menace durable pour notre sécurité et notre cohésion sociale », expose le Premier ministre dans un communiqué de presse.

Sur ce constat, Édouard Philippe a réuni le comité interministériel de la prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), à Lille. Annonçant un nouveau plan national de prévention de la radicalisation, « Prévenir pour protéger », le Premier ministre a souligné que « Nul ne dispose d’une formule magique de déradicalisation, au sens où l’on pourrait déprogrammer un logiciel dangereux. Mais il existe, en France et ailleurs, des bonnes pratiques de prévention et de désengagement ».

Ce plan, issu d’une concertation menée par le secrétariat général du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, s’appuie sur des retours sur les dispositifs mis en place et des expérimentations.

60 mesures pour réorienter la politique de prévention suivant cinq axes 
1) prémunir les esprits face à la radicalisation ;
2) compléter le maillage détection/prévention (dans les administrations, les collectivités territoriales, dans le sport, les entreprises et l’enseignement supérieur/recherche) ;
3) comprendre et anticiper l’évolution de la radicalisation ;
4) professionnaliser les acteurs locaux et évaluer les pratiques ;
5) adapter le désengagement.
À noter : afin de développer et de structurer la formation des acteurs impliqués dans les dispositifs de prévention de la radicalisation, la mesure 42 préconise d’« intégrer  dans  la  formation Valeurs  de  la  République  et  laïcité du  CGET, un module spécifique sur la prévention de la radicalisation ». En savoir plus sur ce plan de formation en vidéo.

Découvrir le plan.

À l’occasion de ce comité, Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, a rencontré une association de Roubaix pour échanger sur son expérience autour des enjeux et des outils pour prévenir et repérer le phénomène de radicalisation auprès des familles et des jeunes. Le ministre, accompagné de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique, a également échangé avec des étudiants de l’École supérieure de journalisme de Lille sur l’éducation au décryptage de l’information et la sensibilisation des publics aux processus de radicalisation, en particulier sur le Web.