Avenir des quartiers prioritaires

Le président de la République lance une grande mobilisation nationale

© @EmmanuelMacron


Publié le 16/11/2017

Lors de son déplacement à Clichy-sous-Bois, à Tourcoing et à Roubaix, les 13 et 14 novembre derniers, le président de la République, Emmanuel Macron, a réaffirmé que l’avenir des quartiers prioritaires de la politique de la ville représente une priorité de son quinquennat. Objectifs : «ramener le droit commun» dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et soutenir «l’émancipation de leurs habitants».

« On venait trop souvent à Clichy-sous-Bois pour ne parler que des problèmes. Je viens soutenir les projets d’une ville entreprenante, a relevé le président de la République, le 13 octobre dernier, avant d’exhorter à « construire l’avenir des quartiers avec tous. Loin des préjugés, le temps est à l'action ! »

Emmanuel Macron a poursuivi son déplacement dans les Hauts-de-France, le 14 novembre, en compagnie de plusieurs ministres dont Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, et Julien Denormandie, secrétaire d’État auprès du ministre de la cohésion des territoires. Un parcours au cours duquel il est allé à la rencontre d’habitants, de collégiens, d’associations, d’élus et d’acteurs des quartiers de la politique de la ville.

À Roubaix, devant un parterre de 300 personnes (ministres, élus nationaux et locaux, décideurs, entrepreneurs, associatifs…), le président de la République s’est exprimé sur les « quarante années de combat et de mobilisation autour de la politique de la ville » et a appelé de ses vœux une « ambition commune » pour les quartiers prioritaires. Notre « défi est de déclencher la mobilisation générale, celle de toute la Nation [pour] ramener le droit commun, l’effectivité des droits pour les citoyens des quartiers ».

Pour faire face aux inégalités sociales et difficultés criantes que connaissent les 1 514 quartiers prioritaires (taux de chômage élevé, échec scolaire, pauvreté, délinquance, manque de services et de transports, radicalisation religieuse d’une frange de la population…), Emmanuel Macron a réaffirmé la sanctuarisation des crédits de la politique de la ville à 430 millions d’euros et l’affectation, en priorité, des contrats aidés sur les quartiers concernés.

Une aventure collective pour nos concitoyens et notre pays

La politique de la ville doit mobiliser l’ensemble du Gouvernement et être « intégrée dans chacun des grands chantiers du quinquennat », notamment pour « recréer l’ordre républicain pour recréer la crédibilité de la République » et ce, avec l’implication des habitants. C’est ainsi que les conseillers citoyens participeront au diagnostic de leur territoire pour mettre en place la police de sécurité du quotidien (lire encadré ci-dessous). « Au cœur de ce retour du droit commun s’appuyant sur une étroite coopération entre l’État et les acteurs locaux, j’identifie une priorité absolue, c’est la sécurité. Elle est la première expression de la puissance régalienne de l’État mais aussi la condition fondamentale d’une vie quotidienne où chacun puisse vivre sa vie et exprimer ses capacités à l’écart de la violence et de l’angoisse », a exigé Emmanuel Macron.

Pour favoriser l’embauche des personnes issues des quartiers, une première étape de déploiement des emplois francs va être engagée (voir livret ci-dessous pour en savoir plus). Par ailleurs, le président de la République a également déploré le manque de services (La Poste, bibliothèques, crèches, professionnels de santé…) qui pénalise la vie des habitants au quotidien. Il a aussi mis l’accent sur la lutte contre le décrochage scolaire, mais aussi la nécessité de déployer les dispositifs d’accompagnement de la petite enfance, dans les QPV.

« Nous devons mettre toute notre énergie à mener une politique de transformation qui prépare la France à ces mutations et nous permet sans cesse de réinventer nos solidarités, nos libertés et nos liens dans un monde qui souvent les met à l’épreuve, a conclu le président de la République. (…) C’est une grande aventure collective que nous avons décidé d’entreprendre pour nos concitoyens et pour notre pays. Elle commence aujourd’hui. »

Voir la vidéo du discours intégral (1 h 23) ici.
Consulter le livret « Une grande mobilisation nationale pour les habitants des quartiers » ici
Consulter le discours intégral ici.

En chiffres
Lors de son intervention, le président de la République a relevé les indicateurs qui reflètent les difficultés et disparités qui touchent les 1 514 quartiers de la politique de la ville, en métropole et outre-mer.
- Plus de 40 % des habitants de ces quartiers sont sous le seuil de pauvreté ;
- le taux de chômage y est 2,5 fois supérieur aux autres territoires ;
- moins de la moitié des femmes sont en activité et lorsqu’elles le sont, leurs emplois sont fragmentés, précaires ;
- la réussite au brevet des collégiens des QPV est de 8 points inférieurs à celle de leurs homologues de la ville voisine ;
- les quartiers de la politique de la ville comptent 4,5 fois moins de crèches ;
- 17 % de leurs habitants se déclarent victimes de discrimination à raison de leur origine.

Zoom sur la police de sécurité du quotidien
« La police possède cette expérience du terrain qui lui permet d’écouter, de comprendre les situations et de les désamorcer sans toujours déployer l’arsenal répressif, a indiqué Emmanuel Macron. C’est aussi pour nos services de sécurité un moyen de revenir au plus près d’un terrain souvent difficile où les dérives se multiplient et prospèrent si on ne sait pas les repérer à temps.
  

Les centres de loisirs jeunesse (CLJ) de la police nationale accueilleront des jeunes de 9 à 17 ans en décrochage scolaire. Ils bénéficieront d’un apprentissage des règles, pourront changer de regard sur la police et sur la nécessaire discipline civique à travers une éducation à la citoyenneté. »
  
10 000 postes de policiers et de gendarmes vont être créés, avec une affectation prioritaire dans les quartiers de la politique de la ville.