Discriminations

Expérience et perception : en hausse de 240 %, en Île-de-France


Publié le 21/12/2017

Une enquête vient d’être publiée sur l’expérience des discriminations en Île-de-France. Elle relève les perceptions et expériences des discriminations vécues par la population francilienne dans différentes situations de vie, du fait de l’origine, du genre, du handicap, de la religion… Réalisée avec le soutien du CGET et du Défenseur des Droits, elle s’attache aux conséquences des traitements différenciés et aux stratégies mises en œuvre par les victimes de ces discriminations.

Cette enquête de l’Observatoire régional des discriminations en Île-de-France (Ordis) a été menée pour, notamment, combler « un déficit important d’informations statistiques sur l’expérience des discriminations ».

Elle s’est intéressée :

  • aux perceptions de l’existence des discriminations, en Île-de-France, selon cinq motifs (sexe, origine ethnique ou raciale, handicap, orientation sexuelle, religion) et dans différentes situations (recherche d’emploi ou de logement, accès aux services publics, contrôles d’identité…) ;
  • à l’expérience personnelle des discriminations vécues au cours des cinq dernières années.

 

Faits saillants

La population francilienne s’avère diverse : quatre Franciliens sur dix ont un lien direct avec la migration (eux-mêmes immigrés ou descendants d’immigrés).

  • 58 % des personnes enquêtées déclarent avoir souvent ou parfois connu une expérience de discrimination au cours de leur vie, tous motifs confondus : principalement l’origine, la couleur de peau, le sexe, l’âge, la façon de s’habiller et le lieu de résidence. Cette perception d’une expérience de discrimination était de 17 % en 2008. Une augmentation de 41 points de pourcentage soit 240%.
    • Ce phénomène touche particulièrement les Franciliens originaires des Dom, les descendants d’immigrés subsahariens et les personnes en situation de handicap. Cette évolution traduit une possible aggravation des discriminations ainsi qu’une progression de la prise de conscience de leur existence.
  • Les discriminations liées au quartier d’habitation concernent principalement les descendants d’immigrés des minorités visibles (23 %) et les habitants des Zus (20 %).
  • 29 % des minorités non visibles ont été discriminées pour leur origine, contre 52 % des immigrés « visibles », 51 % des descendants « visibles » et 9 % de la population majoritaire.
  • La couleur de la peau est mentionnée par 40 % et 51 % des minorités visibles (par 70 % des personnes se considérant comme noires et 9 % de celles se disant blanches).
  • Les discriminations religieuses sont relevées essentiellement par les descendants d’immigrés des minorités visibles, et plus généralement par les musulmans (32 %) ;
  • La perception des discriminations sexistes a bondi de 3 % des femmes à 25 % des femmes, sur ce même pas de temps.

À savoir
Conduite par l’Observatoire régional des discriminations en Île-de-France – sous la direction de Patrick Simon, président du réseau Alliance de Recherche sur les Discriminations (Ardis) et chercheur à l’Ined, et de Mireille Eberhard, sociologue (Ardis) –, l’enquête a été réalisée de 2015 à 2016. Elle s’est déroulée dans le cadre d’une convention de recherche soutenue par le CGET et le Défenseur des Droits, avec l’Ined et à l’Université de Paris-Est-Marne-La-Vallée.  

 

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