Territoires en action

Acome, fleuron technologique en Normandie

Photo : © Arnaud Brunet


Publié le 07/09/2018

Découvrez notre chronique « Territoires en action » ! Chaque semaine, nous vous présentons un acteur local – association ou entreprise – que nous soutenons financièrement. Ancré dans un territoire qu’il connaît bien, il contribue à sa cohésion et à son développement en agissant, au plus près des besoins des habitants, dans les domaines de l’éducation, de l’emploi et de l’économie, de la solidarité, du sport, du numérique, de la santé ou encore de la culture...

Chronique n°2. Première Scop* de France, Acome est une entreprise industrielle qui produit des câbles de haute technicité dans l’automobile et les télécommunications. Basée dans la Manche (50), cette société coopérative innovante a décidé de relever le défi de la mobilité connectée. Elle a obtenu une aide d’un million d’euros de prime d’aménagement du territoire (PAT) pour investir dans ce projet d’avenir. Entretien avec Jacques de Heere, président-directeur général d’Acome.

 

1 – Quelle est l’histoire de votre entreprise ?

Acome est née en 1932 en région parisienne. Autrefois spécialisée dans la confection de décorations pour vêtements militaires, l’entreprise s’est reconvertie dans la fabrication de câbles électriques : il s’agissait de la même technique d’isolation des fils que celle utilisée, par la suite, pour les câbles et cordons téléphoniques. Lors de la guerre 39-45, Acome a loué une ancienne filature de coton à Mortain (50) comme base de repli pour ses ateliers de production. Lorsque l’usine principale d’Argenteuil (95) a été bombardée en avril 1942, le site normand est devenu le berceau industriel de l’entreprise.

2 - Quelles sont vos principales activités, aujourd’hui ?

Nous fabriquons des câbles et des fils de haute technicité dans deux secteurs : les télécommunications – nous sommes le 3ème fabricant européen de fibres optiques et l’un des fournisseurs du réseau Très Haut Débit français – et l’automobile. Acome fabrique les câbles qui composent le faisceau électrique d’une voiture et fournit tous les grands constructeurs automobiles de la planète.

3 - Quel impact la prime d’aménagement au territoire (PAT) a-t-elle eu sur le développement de votre entreprise et de vos projets ?

Acome étant une société coopérative et participative, ses salariés sont aussi actionnaires et donc associés au projet d’entreprise. Par son statut, notre entreprise est essentiellement tournée vers l’avenir et a à cœur de défendre ses emplois.

Dans les télécommunications,  l’un des premiers objets communiquant  sera l’automobile. Et dans le secteur automobile, l’enjeu est de concevoir des câbles qui permettent d’établir les transmissions à l’intérieur des véhicules et avec leur environnement : entre le conducteur et son véhicule, ou encore entre le véhicule et une route ou une ville intelligente.

Face à la transformation des infrastructures de télécommunication, qui voit les réseaux de câbles en cuivre progressivement remplacés par ceux en fibre optique, et afin d’anticiper les révolutions à venir dans les secteurs télécoms et automobile, Acome s’est lancé dans un programme de diversification de ses activités, « automobile et mobilité connectée ». C’est à ce titre que nous avons obtenu, pour nous accompagner dans ce programme d’investissement, une aide d’un million d’euros du CGET avec la PAT.

4 - De quelle réussite êtes-vous le plus fier ?

Nous sommes très fiers d’avoir saisi cette opportunité d’avenir, qui nous permet de faire converger nos deux secteurs. Notre ambition, c’est de contribuer à faire de l’automobile le premier objet connecté, et d’assurer que les infrastructures de télécommunications soient adaptées au monde de l’automobile. Grâce aux travaux de recherche enclenchés avec la PAT, qui ont montré l’importance de la fibre optique pour les futures automobiles connectées, nous avons pu ajuster notre programme d’investissement  et consacrer deux tiers des montants à la fibre optique, au lieu d’un tiers prévu initialement.

5 - Comment le développement de votre entreprise s’inscrit-il dans l’économie locale et le dynamisme des territoires où vous êtes implantés ?

Si le siège d’Acome est à Paris, nous sommes très implantés en Normandie, dans le sud de la Manche. Nous y avons cinq usines ainsi que notre centre d’expertise, de recherche et développement. Le site de Mortain-Romagny emploie plus de 1000 personnes et contribue à l’emploi indirect de plus de 3000 personnes dans l’économie locale. À titre institutionnel ou individuel, nos employés apportent leur contribution à plus de 25 organismes de la région : collectivités locales, lycées et universités, pôles de compétitivité, clubs thématiques,… Nous sommes très attachés à notre territoire et à son histoire.

6 - Qu’évoquent pour vous les « territoires en action » ?

Acome est une belle démonstration que l’on peut faire de la technologie, créer des activités et de la richesse et être positionnés à l’international tout en étant implantés dans un territoire local. Et ce, y compris dans un environnement international concurrentiel comme l’industrie du câble. C’est notre vision d’un territoire en action.

 

* Société coopérative et participative dont les salariés sont les actionnaires majoritaires.

 

FICHE D'IDENTITÉ
Nom : Acome
Date de création : 1932
Secteur d’activité : automobile et télécommunications
Montant aide d’État : 1 million d’euros de la PAT
Nombre de salariés : 2000 salariés, dont 1000 sur le site industriel de Mortain-Romagny
Périmètre : site industriel de Mortain–Romagny (50), et 12 sites de production sur 4 continents.
Contact : http://www.acome.com

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